Dans la Région Bretagne-Pays de la Loire, le gramme différentiel est payé 2,6 € pour le TB et 6,6 € pour le TP. En passant de 38/32 à 41/33, Lactalis « gonfle » ainsi le montant du prix de base de 14,4 €/1 000 l.

Les hypothèses sur ce changement vont bon train. Est-ce en réaction aux pratiques d’autres laiteries, qui indiquent désormais un prix toutes primes et incidences qualité comprises ? Pour que l’industriel se compare plus facilement aux cours allemand et néerlandais ? Pour afficher un prix à la production plus élevé, lors de ses négociations avec la grande distribution ?

Un affichage trompeur

Les syndicats Jeunes Agriculteurs (JA) de la Bretagne et des Pays de la Loire y voient plusieurs inconvénients : « Cette nouvelle façon de présenter le prix payé pose le problème de comparaison entre producteurs de différentes laiteries » et « risque de mettre [Lactalis] artificiellement sur le podium des laiteries ayant un prix de base du lait le plus élevé. » Ils se demandent « quelle sera la prochaine étape ».

Claude Bonnet, président de l’Unell, l’une des unions d’organisations de producteurs (OP) livrant à Lactalis, relativise un peu cette nouvelle pratique de l’industriel. « C’est seulement un affichage, une présentation, pas un changement des critères de paiement : la facturation reste sur une base 38/32. Nous avons été informés il y a un mois. »

Néanmoins, le fait que la première question qui vienne à l’esprit de JA soit « mais que manigance Lactalis ? » en dit long sur l’état de défiance qui règne entre les éleveurs et leur collecteur.

E.C.