« Quand je disais il y a deux jours que cette guerre (en Ukraine) aura des conséquences pour nos vies, c’est aussi pour le monde agricole et pour l’ensemble du monde de l’alimentation », déclare Emmanuel Macron aux représentants des filières agricoles, en marge de l’inauguration du Salon international de l’agriculture, ce samedi 26 février 2022, à Paris.

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Inquiétudes sur l’aliment du bétail

Si le conflit en Ukraine a eu raison de l’habituel marathon présidentiel dans les travées du Parc des expositions de la porte de Versailles, le pensionnaire de l’Élysée est malgré tout venu aux aurores s’adresser au monde agricole. « Cette guerre durera. Et l’ensemble des crises qu’il y aura derrière auront des conséquences durables. Il nous faut donc nous y préparer avec beaucoup de détermination et aussi beaucoup de solidarité. »

Car les flux commerciaux pourraient être sérieusement mis à mal. « Nous savons que sur les débouchés du vin, des céréales et de beaucoup d’autres secteurs nous aurons des sujets. Ce ne sera pas sans conséquences sur l’augmentation des coûts de l’énergie, ce ne sera pas sans conséquences sur l’alimentation du bétail, son coût, et peut-être même la capacité à fournir », prévient Emmanuel Macron.

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« Boucliers » de coûts

Pour faire face, le chef de l’État annonce la construction « dans les prochaines heures » d’un plan de résilience, « d’abord pour sécuriser pour nos filières nos intrants, ensuite pour essayer au maximum de bâtir des boucliers en termes de coûts, au niveau national et européen. »

Selon l’entourage du président, ce plan sera préparé par le ministère de l’Agriculture en collaboration avec les filières et les interprofessions agricoles. « Nous serons là, français et européens, pour accompagner nos agriculteurs, pour construire des réponses de court et moyen terme, appuie Emmanuel Macron. […] Ce que nous sommes en train de vivre ne sera pas sans conséquences sur le monde agricole et les filières qui sont les vôtres », a-t-il insisté.

Incertitudes du côté des syndicats

Samuel Vandaele, président de JA, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale et Henri Biès-Péré, vice-président de la FNSEA, interrogés par La France Agricole, s’inquiètent de la déstabilisation des marchés et de la hausse des charges, déjà élevées, qui se profilent, dans un contexte de négociations commerciales tendues. Henri Biès-Péré reste néanmoins satisfait que des mesures puissent être prises « rapidement ». Bernard Lannes a tenu à souligner qu’Emmanuel Macron ne s’était pas engagé sur une enveloppe financière.

Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, a rappelé la nécessité d’obtenir, « quoi qu’il en coûte », un cessez-le-feu, sans se projeter sur les conséquences économiques, secondaires.

Vincent Guyot, Raphaëlle Borget et Alexis Marcotte