Avoir un couvert implanté dès le jour de la moisson, tel est l’objectif de Philippe Chupin, agriculteur en Vendée. Cet adepte de l’agriculture de conservation des sols cherche à avoir des sols couverts le plus longtemps possible. « Le problème c’est qu’à la moisson, on a une surcharge de travail et le couvert est souvent implanté au bout d’une semaine, explique-t-il. Et comme le blé est fauché, le vent assèche le sol. »

À la volée, avant la moisson

Philippe Chupin a donc décidé d’implanter le couvert à la volée avant la récolte avec un épandeur à engrais. Il s’impose une seule contrainte : utiliser seulement des moyens déjà présents sur l’exploitation. Il ne veut pas d’investissement avant d’avoir vérifié le procédé. En 2019, dans le cadre des expérimentations de l’Association pour la promotion d’une agriculture vivante (Apad) dont il fait partie, il teste plusieurs modalités.

Conclusion : les petites graines sont celles qui germent le mieux mais pour pouvoir les semer sur une largeur de 24 mètres, il faut les alourdir avec un enrobage. Philippe Chupin le réalise avec du sucre de canne et du talc. Parmi les espèces testées, celles qui lui apportent satisfaction sont la phacélie, le sorgho et le moha.

Les semences du couvert sont enrobées avec du talc et du sucre de canne. © Philippe Chupin

Préparer les semences

La préparation est réalisée avec une bétonnière. « Cela prend beaucoup de temps de faire les boulettes. Il faut vraiment en avoir envie », précise l’agriculteur, qui passe environ une heure par hectare. « Demain, il faudra mieux s’équiper, mais avant de trouver l’outil idéal, il faut savoir si cela fonctionne. »

Cette année, le mélange de Philippe Chupin est composé de 2 kg/ha de phacélie, 3 kg/ha de sorgho fourrager, 1 kg/ha de moutarde d’Abyssinie, 1 kg/ha de radis fourrager, 2 kg/ha de trèfle d’Alexandrie et 6 kg/ha de lin.

Renaud d’Hardivilliers