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Générer de nouvelles ressources génétiques végétales

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Investissements d’avenir - Générer de nouvelles ressources génétiques végétales
De gauche à droite : Philippe Gate (Arvalis), Carole Caranta (Inra), Christine Cherbut (Inra), Laurent Guerreiro (RAGT semences). © Isabelle Escoffier

Le GIS BV, groupement d’intérêt scientifique « Biotechnologies vertes », a présenté les avancées des neuf projets de recherche (1) en biologie végétale financés par les programmes d’investissements d’avenir (PIA).

« D’une durée de huit ans, ces projets démarrés en 2012 ont bénéficié d’un budget total de 230 millions d’euros dont 36 % ont été financés par les PIA », a indiqué Christine Cherbut, directrice générale déléguée aux affaires scientifiques de l’Inra, lors d’une conférence de presse organisée en marge d’un symposium sur le bilan et les perspectives de ces projets le 17 ocotbre 2019.

Plus de 90 partenaires ont été mobilisés dont 40 laboratoires de recherche publique et 28 entreprises privées dont 13 semencières, ainsi que des instituts techniques. Ces différents projets ont notamment permis une meilleure connaissance du génome. Ils ont ainsi contribué au séquençage des génomes du tournesol, de l’assemblage de celui du pois, au séquençage de celui du blé ou encore du génome d’une variété européenne de maïs largement utilisée dans le matériel de sélection.

Collections variétales

Ils ont aussi favorisé l’essor d’une nouvelle approche de la diversité génétique en construisant des collections de plusieurs centaines d’accessions (lots de semences) représentant toute la diversité de l’espèce. Objectif : faire face à l’appauvrissement des ressources génétiques. Par exemple, le programme Aker a sélectionné 15 plantes exotiques de référence parmi 10 000 ressources génétiques de la betterave au niveau mondial.

De même « Breedwheat a construit un panel de 450 accessions parmi 12 000 blés tendres panifiables conservés au centre de ressources biologiques de l’Inra », révèle Carole Caranta, cheffe du département de biologie et d’amélioration des plantes de l’Institut. « L’exploitation de ces collections a permis d’identifier de nouveaux déterminants génétiques de la réponse des plantes cultivées aux contraintes environnementales (pression parasitaire, sécheresse, résistance au gel ou au froid, absorption de l’azote) », commente également le Gis BV.

Nouveaux outils de phénotypage

Par ailleurs, grâce à un des projets, Phenome, des outils puissants de phénotypage (évaluation des caractères) sont désormais disponibles en routine au service des généticiens pour mieux évaluer les variétés. « Les instituts techniques comme Arvalis ont été fortement impliqués pour la mise au point de ces outils de phénotypage », indique Philippe Gate, directeur scientifique d’Arvalis.

La plateforme Phenofield est par exemple composée de huit serres mobiles de 7 ha et 768 parcelles de 10 m² qui permettent de créer pas moins de 17 environnements différents. L’automate Phenomobile permet de scanner jusqu’à 2 millions de plantes par jour, grâce à des lasers et des caméras à haute résolution. « Cela nous permet d’étudier de façon plus précise certains caractères, notamment ceux associés aux racines », illustre Christine Cherbut.

Dans le cadre du projet Phenome, la prédiction de la diversité génétique du maïs en Europe a été étudiée, grâce à l’étude du rendement de milliers de génotypes dans de nombreuses conditions pédoclimatiques. « L’exploitation des données a montré que le changement climatique a pu être contrebalancé par le choix variétal », révèle Carole Caranta.

« Grâce à ces projets, la connaissance des espèces végétales cultivées a fait un saut qualitatif et quantitatif sans précédent », se réjouit le GIS. Laurent Guerreiro, directeur de RAGT semences, indique ainsi que « tous les blés récemment mis sur le marché ont bénéficié des connaissances issues de ces projets. »

I.E.

(1) Aker (betteraves), Amaizing (maïs), BFF-biomasse pour le futur (maïs, sorgho, miscanthus), Breedwheat (blé), Genius (blé, maïs, riz, tomate, pomme de terre…), PeaMust (pois, féverole), Phenome (infrastructures), Rapsodyn (colza), Sunrise (tournesol).

Manifestation des Faucheurs volontaires
© Isabelle Escoffier/GFA
© Isabelle Escoffier/GFA

Une quinzaine de militants anti-OGM se sont invités à la conférence de presse organisée par le GIS BV pour faire entendre leur voix. Déployant des banderoles, ils ont dénoncé durant une quinzaine de minutes « la dictature des biotechnologies ».

« Nous refusons la diffusion de leur production », ont scandé les Faucheurs volontaires pour qui « ne peuvent pas être considérés comme identiques les OGM des laboratoires, des outils scientifiques, et les OGM diffusés dans l’environnement, notre problème à tous ».

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