Selon une étude publiée conjointement par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (Fida), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (Pam) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), la faim dans le monde s’est considérablement aggravée en 2020. 9,9 % environ de la population serait en situation de sous-alimentation en 2020, contre 8,4 % en 2019. Les femmes et les enfants sont particulièrement touchés.

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L’Asie et l’Afrique, premiers continents touchés

Selon le rapport, plus de la moitié du nombre total de personnes sous-alimentées se trouve en Asie (418 millions de personnes) ; plus d’un tiers (282 millions) en Afrique ; et une proportion plus faible (60 millions) en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Toutefois, c’est l’Afrique qui a connu la plus forte poussée de la faim, avec une prévalence de la sous-alimentation estimée à 21 % de la population, une proportion qui est plus du double de celle de toutes les autres régions.

La pandémie en cause mais pas seulement

Toujours selon l’étude, dans de nombreuses régions du monde, la pandémie de Covid-19 a provoqué des récessions brutales et a compromis l’accès à la nourriture. Toutefois, même avant la pandémie la faim se répandait ; et les progrès au plan de la malnutrition prenaient du retard.

Les auteurs ont particulièrement constaté ce phénomène dans les pays touchés par un conflit, des phénomènes climatiques extrêmes ou des fléchissements économiques, ou dans des pays confrontés à de grandes inégalités.

Des propositions pour faire reculer la faim dans le monde

Le rapport fait plusieurs propositions pour réduire la faim dans le monde. Les auteurs proposent notamment de :

  • Intégrer les politiques d’aide humanitaire, de développement et de consolidation de la paix dans les zones touchées par des conflits ;
  • Accroître la résilience face aux changements climatiques sur l’ensemble du système alimentaire ;
  • Renforcer la résilience des plus vulnérables face à l’adversité économique ;
  • Intervenir tout le long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire pour réduire le coût des aliments nutritifs ;
  • S’attaquer à la pauvreté et aux inégalités structurelles ;
  • Renforcer l’environnement alimentaire et faire évoluer le comportement des consommateurs.
Renaud d’Hardivilliers