Alors que le nombre de requêtes visant le glyphosate aux États-Unis était de 18 400 à la fin de juillet (5 000 en avril), celui-ci a plus que doublé au 11 octobre 2019, affichant un score de 42 700. Le groupe allemand Bayer impute la multiplication des dossiers contre le produit phyto de sa filiale américaine Monsanto à une hausse des publicités télévisées diffusées par des avocats pour rechercher des requérants.

Le groupe chimique a essuyé jusqu’ici trois condamnations, lui imposant d’indemniser des requérants californiens atteints d’un cancer. Cependant, les montants dus par le groupe dans ces trois affaires ont néanmoins été fortement réduits par le deuxième examen d’un juge.

Bayer soldera-t-il ses contentieux ?

Si les appels de Bayer sont en cours d’examen, les dossiers pas encore jugés seront étudiés l’année prochaine pour « soutenir » le processus de médiation ordonné par un juge fédéral en Californie, qui permettrait au groupe en cas de succès de solder ses contentieux sans passer par de longs procès. M. Baumann a indiqué mercredi que « Bayer n’acceptera un résultat de la médiation que s’il est sensé économiquement » et permet de « mettre un terme » au dossier.

« Je pense que seul un petit nombre de requérants sera indemnisé » au bout du compte, soit « ceux pour lesquels il y a un lien » de causalité direct « entre le cancer et le glyphosate », a expliqué à l’AFP Markus Mayer, analyste chez Baader Bank. Sur la base d’une projection encore plus importante de requêtes, M. Meyer avait estimé en juillet qu’un accord pourrait coûter à Bayer entre 15 et 20 milliards de dollars.

Le groupe continue de contester le principe même de sa responsabilité, martelant depuis des mois qu’aucun régulateur dans le monde n’a conclu à la dangerosité du glyphosate depuis sa mise sur le marché au milieu des années 1970.

Différentes procédures judiciaires

L’inventeur allemand de l’aspirine a pris l’an dernier le plus grand pari de son histoire en avalant Monsanto pour 63 milliards de dollars, misant sur le recours croissant à la chimie pour nourrir une planète toujours plus peuplée et perturbée par le réchauffement climatique.

Mais le groupe doit depuis composer avec la réputation controversée de sa cible américaine, à la fois dans le commerce de semences OGM et dans celui des pesticides, visés par différentes procédures judiciaires et enjeux de débats politiques dans de nombreux pays.

AFP