Le plan d’action adopté par la Commission européenne vise à booster la consommation de produits issus de l’agriculture biologique, via notamment des campagnes de communication, et par là accroître la production. Une démarche qui s’inscrit parfaitement dans les objectifs du pacte vert pour l’Europe, et les stratégies « De la ferme à la table » et biodiversité.

Renforcer les aides Pac pour atteindre l’objectif

Et pour que la production bio suive et couvre un quart de la surface agricole européenne, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, compte sur chaque État membre pour utiliser les soutiens financiers de la Pac. Car il n’y aura pas de budget spécifique supplémentaire de l’Union européenne débloqué pour cette ambition, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse le 25 mars 2021.

Ainsi, chaque pays est incité à prévoir dans son plan stratégique national (PSN), déclinaison nationale de la future Pac, des budgets adéquats pour les aides au maintien et à la conversion en agriculture biologique, et les écorégimes. « Nous encourageons les États membres à définir leur plan pour renforcer le bio. À eux de prendre les décisions, nous ne les forçons pas », a précisé le commissaire européen à l’Agriculture.

Bruxelles vérifiera si les soutiens sont assez « ambitieux »

Si Bruxelles ne peut pas « forcer » les pays, elle garde un moyen d’action de taille : valider ou non le PSN que chaque État doit lui présenter avant la fin de l’année : « Les États membres devront être ambitieux, a averti Janusz Wojciechowski. On verra si les fonds prévus pour le bio et les fonds de conversion sont suffisants. » Un PSN qui manquerait d’ambition pourrait donc être recalé…

Passer de 8,5 % à 25 % à l’échelle européenne

L’objectif est de passer de 8,5 % de la superficie agricole de l’Union européenne en bio à 25 % d’ici à 2030. Précisons que c’est une moyenne à l’échelle européenne, et non pas un objectif pour chaque pays individuellement. Heureusement car la marche serait haute pour les pays à moins de 3 %, comme la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, l’Irlande ou les Pays Bas…

Pour rappel, le leader est l’Autriche avec 26 % de ses surfaces en bio, suivie par l’Estonie et la Suède (20 %), et l’Italie et la République tchèque (15 %). La France, quant à elle, a 8,5 % de sa SAU en bio.

Avec le taux de croissance actuel, l’Union européenne atteindrait 15 à 18 % de surface en bio d’ici à 2030. Grâce à ce plan d’action, Bruxelles espère accélérer les conversions pour atteindre 25 %.

Sophie Bergot