La 34e édition du rapport Cyclope sur les marchés mondiaux des matières premières a été publiée le 9 juin 2020, avec un chapitre introductif consacré à un premier bilan de la crise sanitaire mondiale liée au coronavirus. Une crise qualifiée de « tournant majeur pour l’histoire économique contemporaine » par Philippe Chalmin, économiste qui coordonne l’ouvrage, lors de sa présentation en visioconférence.

« Contre-choc » énergétique

L’impact du Covid-19 reste contrasté selon les matières premières. Ainsi, de janvier à la fin d’avril 2020, le riz et le blé ont vu leurs cours augmenter du fait de la crainte de manquer de marchandise de la part de certains importateurs comme l’Egypte et l’Algérie et de quelques exportateurs dans la zone de la mer Noire et en Asie. Mais cela n’a pas été le cas pour d’autres matières premières comme le pétrole par exemple. Le rapport Cyclope parle ainsi du « contre-choc » énergétique provoqué par le Covid, avec une chute vertigineuse des cours de baril de brut.

400 millons de tonnes de maïs aux Etats-Unis

« Le pétrole a entraîné dans sa chute l’éthanol et donc le maïs et le sucre, a précisé Philippe Chalmin. Il a ainsi pointé les perspectives « particulièrement négatives » pour le maïs. La céréale a été touchée de plein fouet par la crise pétrolière et la moindre utilisation d’éthanol dans les essences, notamment aux Etats-Unis. A cette perte de débouchés pour le maïs, s’ajoutent des « emblavements américains considérables ». « Les prévisions de récolte sont proches de 400 millions de tonnes aux Etats-Unis », chiffre Philippe Chalmin.

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Baisse attendue pour le blé également

Mais il ajoute qu’à l’heure actuelle, « l’ensemble des perspectives sont baissières sur les marchés des céréales pour 2020-2021. « Pour le maïs, la messe est presque dite et pour le blé, qui a finalement traversé la crise avec des prix corrects, la tendance actuelle pourrait s’inverser. »

Les perspectives de récoltes de la céréale à paille sont en effet excellentes avec notamment un potentiel russe à l’exportation exceptionnel. « Je ne suis pas sûr que les cours du blé restent au niveau actuel, à moins d’un incident climatique majeur », observe Philippe Chalmin.

I. E.

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