Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc, affirme ne pas aborder les négociations commerciales avec des propositions de prix en déflation, mais prévient que les 18 millions de consommateurs qui fréquentent les centres Leclerc ne pourront pas « absorber » l’inflation, qu’il estime à 4 %.

Il l’a même dit à plusieurs reprises, le 19 janvier 2022, au cours de son audition par les sénateurs de la commission des affaires économiques du Sénat. « Oui nous allons faire passer les inflations nécessaires, mais on a quand même les pétoches de ce qui va arriver et on devrait se poser ensemble la question de savoir jusqu’où et comment il faut le faire pour ne pas casser la croissance », a-t-il insisté.

Des demandes de hausse de 6 % sur l’alimentaire

Le distributeur a pris l’exemple du prix des pâtes, pour lequel il affirme avoir été le premier à passer des hausses en octobre dernier (+20 % sur le prix des marques nationales et +30 % sur les marques de distributeur), « un signal que je voulais que la FNSEA entende, que Julien Denormandie entende », affiche-t-il. « On s’est fait ramasser. […] Le marché des pâtes aujourd’hui, c’est moins 20 %, selon l’Iri ou Nielsen », conclut-il.

Michel-Edouard Leclerc a indiqué que, à ce stade des négociations, « 25 % de son chiffre d’affaires serait impacté par une hausse moyenne de 6 % sur l’alimentaire et un autre 25 % du chiffre d’affaires serait impacté par une hausse de 7 % sur les produits non alimentaires ». « Ce sont des demandes » précise-t-il, mais « j’insiste auprès du monde agricole nous allons appliquer ces hausses ».

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Une compensation nécessaire par les distributeurs

« Nous ne pouvons pas faire un mur d’augmentation de prix et quand bien même ça plairait à la FNSEA ou au lobby des industriels de l’Ilec, ce ne sont pas eux qui vont l’assumer, c’est dans nos magasins que cela va se passer. On va essayer avec les grandes entreprises de le diluer », explique Michel-Edouard Leclerc.

« Mais il faut nous laisser gérer le rapport de confiance avec nos 18 millions de consommateurs pendant que l’on transfère cette valeur ajoutée en amont », ajoute-t-il, expliquant que pour ne pas effrayer le consommateur il va compenser sur ses marges par des actions qu’il va choisir sur des « marqueurs de la consommation » comme l’essence ou les masques à prix coûtant ou le gel du prix de la baguette qui a tant fait parler ces derniers jours.

La FNSEA alerte

Alors qu’un comité de suivi des relations commerciales, réunissant producteurs, industriels et distributeurs, est prévu la semaine prochaine, la FNSEA ne semble pas sur la même longueur d’onde que le président des centres Leclerc et tire déjà la sonnette d’alarme rapportant que certains acteurs ne respectent pas les engagements de la loi Egalim 2 et ne prennent pas en compte les augmentations de charges.

Marie Salset