La plateforme « Pour une autre Pac » fait partie des organismes ayant quitté la réunion de présentation du plan stratégique national (PSN) qui se tenait ce 21 mai 2021. Le collectif, qui regroupe 44 membres, appelle à une refonte totale de la Pac. Le 19 mai 2021, il relayait une enquête menée par la journaliste Caroline Trouillet, qui recense les plus gros bénéficiaires de la première politique européenne.

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Dans son enquête, Caroline Trouillet pointe notamment du doigt l’octroi d’aides pour des investissements ou des projets qui ont « des conséquences néfastes d’un point de vue environnemental, social mais également sociétal, puisque l’enjeu de souveraineté alimentaire n’est pas défendu », explique la journaliste.

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400 000 euros pour une société de chasse

Caroline Trouillet appuie ses propos par sept exemples de bénéficiaires qui illustrent, selon elle, les « dérives possibles dans l’attribution des aides » parmi lesquels :

  • Une société de chasse dont les propriétaires sont basés en Suisse qui touche plus de 400 000 euros d’aides directes ;
  • Une entreprise produisant des aliments pour chiens et chats ayant bénéficié d’une aide à l’investissement de 1,2 million d’euros grâce aux programmes de développement rural du second pilier de la Pac ;
  • Deux maisons de Champagne ayant reçu 5 millions d’euros dans le cadre des aides à la promotion, soutenues, dans le cadre de la Pac, par l’organisation commune des marchés (OCM).

La Pac française, « une des plus redistributives d’Europe »

Une enquête qui n’est pas passée inaperçue. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a estimé « à titre personnel qu’il s’agit de désinformation ». La Pac française est, selon lui, une des Pac les plus redistributives d’Europe.

« Il est impensable pour moi que la Pac continue de financer un propriétaire qui n’a rien d’un agriculteur. » Le ministre considère ces situations comme étant « des effets de bord que certains s’amusent à considérer comme des vérités et à les diffuser ».

Bertille Quantinet