La Coopération agricole et la FNSEA pressent le nouveau gouvernement de mettre en œuvre la promesse faite par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle : instaurer un chèque alimentaire qui permettrait aux plus démunis de lutter contre l’inflation alimentaire, fortement réactivée depuis quelques mois. Les deux organisations agricoles veulent que le chèque alimentaire, dont il était déjà question en 2021 dans la loi Climat et résilience, devienne une réalité « dans les prochaines semaines ».

Sans entrer encore dans les détails du dispositif espéré, la FNSEA et La Coopération dressent un portrait-robot du chèque alimentaire : « simple, pérenne, ambitieux et doté d’un budget qui pourra augmenter progressivement au regard des résultats engendrés. » Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole, y voit aussi le moyen de conforter les filières : « En termes de périmètre, ce chèque devra permettre l’accès à tous les produits alimentaires et soutenir les filières françaises », estime-t-il.

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, ajoute : « Cet outil doit répondre à l’urgence sociale mais il doit aussi être l’occasion de reconnecter la production agricole et les citoyens en favorisant notamment l’accès des plus démunis à des produits locaux et durables. »

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Pas un chèque en bois

Il y a deux semaines, des associations caritatives (Action contre la faim, Secours catholique, réseau Vrac…) rejointes par le Civam et le réseau Cocagne avaient milité pour que la création du chèque alimentaire devienne l’occasion de repenser les systèmes alimentaires au profit d’un approvisionnement local et sous signe de qualité (bio).

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Selon les associations spécialisées, on dénombre en France entre cinq et dix millions de personnes éligibles au chèque alimentaire. Bien que le gouvernement n’ait pas encore annoncé ses intentions, il circule l’idée d’une distribution de 30 à 60 euros (parfois plus) pour les familles modestes et les jeunes. Le président de la République envisage de favoriser ainsi les circuits courts mais il ne dit pas comment le faire.

L’idée d’une distribution d’argent, à l’instar du chèque énergie, paraît insuffisante aux yeux des Banques alimentaires. Celles-ci distribuent des repas à 2,1 millions de personnes, souvent en lien avec les filières agricoles locales. À leurs yeux, le chèque alimentaire peut être efficace à court terme contre l’inflation mais il ne doit pas servir à acheter l’abandon de l’éducation alimentaire que les associations effectuent en même temps que la distribution des aliments.

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Éric Young