« Ni une prolongation, ni une optimisation du système actuel ne sont des options recevables », avaient indiqué les représentants de ces organisations, dans une lettre ouverte adressée le 26 août 2020 à Julia Klockner, représentante de la présidence allemande au conseil Agrifish.

« Revoir fondamentalement la logique de la Pac »

Les douze coalitions nationales (1), réunies dans le mouvement Good food good farming, réclament « de revoir fondamentalement la logique de la Pac pour assurer notre capacité à long terme à produire de la nourriture, et ce en reconstruisant des écosystèmes fonctionnels ».

Ces organisations demandent « un niveau d’ambition beaucoup plus important en ce qui concerne la conditionnalité de la Pac, le bien-être animal, la santé publique, l’utilisation durable des ressources en eau, la protection de l’environnement et du climat, tout en améliorant la viabilité économique des fermes ».

Elles souhaitent remplacer les « aides à l’hectare non ciblées » par des aides versées en fonction des « services » rendus, dans lesquels elles incluent « l’emploi paysan ». Elles insistent également sur la nécessité d’une approche commune.

« Nous comptons sur la présidence allemande pour aligner la Pac sur les objectifs climatiques et de biodiversité, ainsi que pour mettre un terme au déclin du nombre et de la diversité des fermes européennes », concluait le courrier adressé à la ministre de l’Agriculture allemande. « La direction que vous prenez actuellement échoue dans tous ces domaines. »

Plus de mille manifestants

Plus d’un millier de manifestants, agriculteurs et activistes, se sont rendus à Coblence pour porter ces revendications, selon les organisateurs de la manifestation. « Si le Conseil en venait à ignorer ces demandes, la Pac perdrait toute légitimité aux yeux des contribuables et consommateurs européens », préviennent-ils.

Bérengère Lafeuille

(1) en France, le mouvement est incarné par la plate-forme « Pour une autre Pac ».