Alors que la France découvre depuis ce matin, les joies d’un déconfinement progressif, les élèves et étudiants de l’enseignement agricole devront encore patienter avant de retrouver leurs établissements. Seuls les centres de formation d’apprentis (CFA) et les centres de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) sont à nouveau susceptibles d’ouvrir progressivement à partir de ce lundi 11 mai 2020.

Cela « dépendra de la capacité à respecter des règles sanitaires précisées dans le protocole national de déconfinement, a précisé le ministère de l’Agriculture, dans un communiqué du 7 mai 2020. Un guide pour les salariés et employeurs des CFA et organismes de formation, élaboré avec les organisations professionnelles du secteur, sera rendu public cette semaine par le ministère du Travail. »

Ouverture « tranquille »

Didier Guillaume a été auditionné en visioconférence par les élus de la commission de la culture et de l’éducation du Sénat, le 7 mai 2020, afin de donner plus de précisions sur ce retour en classe. « Nous allons ouvrir tranquillement les lycées techniques, les MFR et les CFA. Ceux qui ne pourront pas venir en présentiel seront suivis individuellement », a précisé le ministre de l’Agriculture.

Comme dans l’Éducation nationale, la réouverture des lycées de l’enseignement agricole pourra intervenir au début de juin. Le gouvernement prendra sa décision définitive à la fin du mois, selon les mots du Premier ministre le 11 mai dernier. « Nous avons un mois pour travailler sur l’ouverture ainsi que sur la question des transports », a annoncé le ministre.

100 000 internes, peu d’élus

L’un des défis de taille pour ces établissements sera d’accueillir les élèves et étudiants en internat à l’heure du respect des gestes barrières et de la distanciation sociale. Ils seraient près de 100 000 sur 200 000 apprenants, selon Didier Guillaume. « Il n’y aura pas de reprise si les conditions sanitaires ne sont pas respectées au millimètre, a averti le ministre. […] On ne pourra pas accueillir » tous les internes. La majorité d’entre eux devra donc continuer à rester à la maison.

Alexis Marcotte