La grande majorité des marchés rouverts comptent moins de dix commerçants et sont dans de petites localités, et dans quelques capitales régionales comme Lille, Rennes, Clermont-Ferrand ou Grenoble, ont indiqué la Fédération nationale des marchés et le ministère de l’Agriculture.

Pas de dérogation dans 10 départements

Dans dix départements, aucune dérogation de réouverture n’a été accordée à ce jour : Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Haute-Marne, les Hautes-Alpes, le Var, la Haute-Corse et la Guyane.

Lors de la fermeture de toutes les activités non essentielles au fonctionnement du pays le 14 mars dernier, les marchés alimentaires étaient restés ouverts. Faisant volte-face, le gouvernement les a finalement fermés le 24 mars pour freiner la contagion.

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Lundi, la réouverture d’un quart des marchés a été permise par dérogation, après la mise au point d’un guide de bonnes pratiques sanitaires négocié entre quatre ministères, la Fédération des marchés de France, la FNSEA ou encore la Confédération paysanne, notamment.

Les commerçants forains oubliés

« Nous sommes ravis que la situation profite aux petits producteurs pour qu’ils puissent écouler leur production localement, mais les commerçants forains des marchés sont un peu oubliés quand on voit que les grandes villes comme Rennes limitent à 15 le nombre de commerçants alors qu’ils sont normalement 300 », a réagi Monique Rubin, présidente de la Fédération des marchés de France.

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« Si nous savions que cette situation allait durer huit ou quinze jours, nous l’accepterions, mais on a encore des semaines de confinement devant nous », a-t-elle ajouté, en demandant plus de souplesse pour les commerçants forains qui doivent pouvoir « nourrir la population » confinée, au même titre que la grande distribution.

La FNSEA déçue du taux de réouverture

Interrogée le 31 mars 2020 sur CNews, Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, a fait part de sa déception alors que seulement un quart des marchés ont rouvert et en appelle à la responsabilité des maires. « Il ne peut pas y avoir comme seul lieu d’approvisionnement les grandes surfaces ou les magasins d’alimentation, déclare-t-elle. Les marchés sont un débouché important pour les producteurs et les artisans forains. J’en appelle à la responsabilité de chacun ». Et de poursuivre : « Le pire serait qu’il n’y ait que la grande distribution ouverte où les consommateurs se servent eux-mêmes, choisissent leurs légumes à la main et souvent sans gants ».

Recours devant le Conseil d’État

La Fédération a déposé la semaine passée un recours devant le Conseil d’État pour « inégalité de traitement » entre la grande distribution et les marchés de rue. « Nous espérons une réponse rapide, peut-être cette semaine », a indiqué Monique Rubin.

Le guide des bonnes pratiques demande notamment aux mairies de prévoir du personnel pour organiser les circulations des consommateurs (limitées à un par foyer), d’espacer les étals, mettre à disposition du gel hydroalcoolique à l’entrée et à la sortie du marché, les commerçants devant se laver les mains entre chaque client.

La fermeture des marchés a créé le désarroi chez de nombreux petits producteurs, notamment de fromages AOP et les poissonneries, les fromages, poissons et crustacés étant déjà gravement pénalisés par la fermeture de tous les restaurants et cantines.

En 15 jours, les entreprises laitières produisant des fromages sous signe de qualité ont enregistré des diminutions de chiffres d’affaires allant jusqu’à 80 %, a indiqué le Conseil national des appellations d’origine laitière (CNAOL) : « Demain, ce seront les éleveurs laitiers qui jetteront leur lait, si rien n’est fait. »

AFP