L’agriculture de précision, l’alimentation durable (traçabilité et protéines végétales) et le biocontrôle seront des filières à soutenir en priorité dans le cadre du pacte productif, qui doit être présenté par Emmanuel Macron au printemps. Le rapport (1) a identifié 10 marchés prioritaires, pour « lesquels la France a le potentiel pour jouer un rôle de leader à l’échelle mondiale et appelant une concentration des moyens ».

Le but était d’identifier « les secteurs, les marchés, les technologies sur lesquelles nous allons investir dans les années à venir, a déclaré Bruno Le Maire le 7 février 2020 en recevant le rapport. Si nous n’y prenons pas garde, demain les quelques grandes filières sur lesquelles repose la compétitivité de l’économie française pourraient être fragilisées » avec un risque de perte de souveraineté, a-t-il expliqué

Agroécologie et limitation des intrants...

Le rapport identifie plusieurs enjeux majeurs concernant l’agriculture de précision : réduire les quantités de pesticides, favoriser l’évolution des systèmes vers l’agroécologie par la mise en œuvre de matériel permettant l’adoption de nouveaux itinéraires techniques, de matériel adapté à l’épandage d’engrais de ferme, de matériel de tri des récoltes compatibles avec l’émergence de cultures mixtes, par exemple blé pois ou encore de matériel de stockage permettant la diminution de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques pour la conservation des grains…

En ce qui concerne l’alimentation durable, les objectifs mis en avant sont l’autosuffisance sur le marché des protéines végétales ou d’insectes et la traçabilité tout au long de la filière pour assurer la sécurité sanitaire et la parfaite connaissance des conditions de production et de conservation.

Concernant le biocontrôle, « l’objectif est que cette activité puisse venir se substituer à la réduction de la production de produits phytosanitaires conventionnels qui va résulter de la diminution de l’utilisation de ces produits », explique le rapport.

> À lire aussi : Phytosanitaire, l’État « aux côtés » du biocontrôle. (29/01/2020)

Les organisations agricoles satisfaites

La FNSEA, la Coopération agricole (ex-Coop de France) et l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) avaient présenté leurs propositions en octobre 2019. Les trois organisations sont satisfaites des propositions faites par le collège d’experts, auteurs du rapport.

« Nos organisations se sont fortement impliquées dès le démarrage des travaux, considérant que l’ambition du gouvernement pour augmenter la part agricole et industrielle dans l’économie française constitue une véritable opportunité pour donner à notre secteur les moyens d’enrayer son décrochage en termes de compétitivité et de balance commerciale » ; soulignent-elles.

Elles regrettent cependant que le marché de la génétique dans le secteur animal et végétal n’ait pas été retenu comme un secteur clé.

Voir aussi : Compétitivité de l’agriculture française, « un outil vieillissant ». (01/10/2019)

Marie Salset

(1) Le document a été remis aux ministres de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, le 7 février 2020.