Les bioénergies continuent d’attirer de nombreuses attentions. Les projets de méthanisation font souvent débat dans les campagnes et une mission sénatoriale rédige un rapport sur la place de la méthanisation dans le mix énergétique.

Le 29 juillet, c’est France Stratégie, organisme d’expertise placé aux côtés du Premier ministre pour formuler des recommandations à l’exécutif, qui a dévoilé un travail sur le potentiel énergétique de la biomasse agricole. Actuellement, cette valorisation en énergie renouvelable représente près de 40 térawattheures (TWh) par an, répartis entre la combustion, la méthanisation et les biocarburants.

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Un potentiel trois fois supérieur à aujourd’hui

Le document de prospection estime que l’agriculture française d’aujourd’hui pourrait représenter un potentiel de production énergétique de 120 TWh sans remettre en cause les besoins prioritaires en production alimentaire ou pour les matériaux biosourcés.

Alors que la stratégie nationale bas carbone (SNBC) estime qu’il est possible d’atteindre 250 TWh, France Stratégie souligne que cela impliquerait de recourir massivement à des cultures spécifiques ou que cela ne répondrait pas au besoin d’une production agricole plus durable.

La méthanisation comme principal levier

D’après les estimations du rapport, ce sont les ressources méthanisables qui constituent le principal levier de production énergétique issue de la biomasse. Le gisement potentiel disponible le plus important serait de loin celui des effluents d’élevage. À lui seul, il représente 46 % des 82 TWh d’énergie potentielle à récupérer. Les surplus d’herbes et les cultures intermédiaires correspondraient respectivement à 13 % et 11,5 % de cette valeur.

Les résidus de cultures annuelles représentent eux un total de 26 % de ce potentiel, mais seulement un tiers de cette énergie serait méthanisable d’après les auteurs du rapport. Le reste de l’énergie à récupérer proviendrait essentiellement des haies et du développement de l’agroforesterie, pour une valorisation sous forme de combustion.

Un système alimentaire appelé à évoluer

Après cet état des lieux de la biomasse actuellement mobilisable, l’étude évalue les potentiels d’évolution de cette valeur suivant les changements de pratiques. Deux scénarios ont été étudiés : celui d’une transition agroécologique marquée et celui d’une évolution tendancielle de la situation.

Bien que le premier mène à une diminution des quantités d’effluents d’élevage disponibles, il pourrait multiplier par deux le potentiel énergétique de la biomasse mobilisable à l’horizon de 2050. C’est notamment le développement des cultures intermédiaires, des haies et de l’agroforesterie qui tirerait vers le haut l’apport de l’agriculture à la transition énergétique.

G. Baron