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Le coronavirus déstabilise la production bovine américaine

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Viande - Le coronavirus déstabilise la production bovine américaine
Les États-Unis représentent le premier producteur mondial de viande bovine. Ce pays se place également comme quatrième exportateur et second importateur dans ce secteur en 2019. © Claudius ThirietLes États-Unis représentent le premier producteur mondial de viande bovine. Ce pays se place également comme quatrième exportateur et second importateur dans ce secteur en 2019. © Claudius Thiriet

Alors que tous les indicateurs de marché étaient au vert aux États-Unis, la pandémie de Covid-19 frappe de plein fouet la filière bovine. La capacité d’abattage est particulièrement affectée, au point qu’« un impact durable soit à prévoir jusqu’à la fin de l’année 2020, voire au début de 2021 », estime Sylvain Maestracci, conseiller pour les affaires agricoles aux États-Unis.

« Au plus fort de la crise [à la fin du mois d’avril 2020], les abattages de bovins ont été réduits de 38 % par rapport à 2019, après la déclaration de cas de coronavirus et la fermeture partielle ou totale d’une vingtaine de sites », rapporte Sylvain Maestracci, conseiller pour les affaires agricoles à l’ambassade de France, aux États-Unis lors d’un webinaire organisé par l’Institut de l’élevage, le 24 juin 2020.

« En l’espace de quinze jours, la résilience de la chaîne agroalimentaire est remise en jeu. Et au début de mai, le président américain, Donald Trump, signe le Defense Production Act. En mobilisant cet outil de défense nationale, le président déclare les viandes comme “biens critiques et stratégiques” et enjoint les abattoirs et ateliers de découpe de maintenir leur activité, ou de la reprendre très rapidement », complète Sylvain Maestracci.

À lire aussi : Donald Trump force les éleveurs américains à travailler malgré le coronavirus (01/05/2020)

La demande intérieure durablement touchée en 2020…

« Dès le mois de mai, la pandémie de Covid-19 a généré une explosion du taux de chômage, ce dernier passant de 4 à 14,7 % », appuie Sylvain Maestracci. La demande intérieure est durablement touchée et les dégâts sur la production bovine sont notables. « Entre la semaine 14 et 22, soit du 30 avril au 31 mai 2020, les abattages de gros bovins ont chuté de 20 %, tandis que les poids à l’abattage des bœufs ont bondi de 4 % par rapport à 2019, suite aux retards de sortie », rapporte Lina-May Ramony, de l’Institut de l’élevage (Idele).

Avec le recul des abattages, le prix du maigre a également pris un coup sur le marché spot (au comptant). « Le cours du bouvillon mâle entrée abattoir a baissé de 9 % par rapport à l’an passé », relève Lina-May Ramony. Parallèlement, d’importants stocks de viande bovine congelée ont été constitués, en hausse de 14 % en avril 2020 par rapport à 2019.

À lire aussi : Les filières bovine et porcine sous haute tension aux États-Unis (11/05/2020)

« Si la pandémie a perturbé la production, elle a aussi impacté les cycles à venir. Au 1er mai, les mises en place de bovins dans les parcs d’engraissement de plus de 1 000 places ont dégringolé de 5 % », poursuit l’experte de l’Idele.

En conséquence de cette crise, le département de l’agriculture des États-Unis (USDA) prévoit une production et des exportations en baisse en 2020. Par ailleurs, « 5,1 milliards de dollars seront alloués à la filière bovine, dans le cadre du plan de soutien à l’agriculture », précise Sylvain Maestrecci.

… alors que la consommation était en hausse en 2019

La pandémie du coronavirus survient alors que le secteur américain de la viande bovine se portait bien jusqu’ici. « En 2019, la consommation par bilan, établie à 12,4 millions de tonnes-équivalent carcasse (tec), était en croissance de 2 % par rapport à 2018. La consommation par habitant affichait également une hausse de 1 % sur la même période », indique Lisa-May Ramony. Les prix de la viande étaient, quant à eux, stables.

La production abattue en 2019 était en hausse de 2 % par rapport à 2018, sur un total de 31,3 millions de vaches allaitantes. Si les exportations américaines étaient en repli de 4 %, les importations de bovins vivants se sont intensifiées. Avec près de 2,04 millions de têtes importées en 2019 (+8 %/2018), les flux se sont massivement concentrés sur le Mexique pour les bovins maigres (65 %) et sur le Canada pour les bovins finis (15 %).

Lucie Pouchard

La politique commerciale américaine se montre « agressive »

« Les États-Unis révèlent un discours plus affirmé sur l’importance de l’agriculture américaine. Un sous-secrétaire a été nommé au département de l’agriculture pour se consacrer pleinement aux questions commerciales et ouvrir de nouveaux marchés aux géants américains », rapporte Sylvain Maestracci, conseiller pour les affaires agricoles à l’ambassade de France, aux États-Unis.

Sur le volet agricole, les États-Unis concentrent leur attention sur la Chine, qui représente un marché important, notamment vis-à-vis de la viande porcine. Pour autant, les Américains ont renégocié des accords avec le Mexique et le Canada ainsi qu’avec le Japon. « Aussi, les États-Unis ont réussi à obtenir, depuis le 1er janvier 2020, un accès réservé au contingent issu du Panel Hormones (jusqu’à 78 % en 2026) » auprès de l’Union européenne, complète Lina-May Ramony, de l’Institut de l’élevage (Idele).

Le Royaume-Uni comme moyen de pression en Europe

Si l’Europe n’est pas la priorité en termes d’échanges internationaux, les États-Unis renforcent tout de même leur intérêt pour le Royaume-Uni. « Leur volonté est de faire basculer le Royaume-Uni vers un modèle sanitaire plus proche de celui des États-Unis (utilisation d’hormones de croissance en viande bovine), et d’en faire un accord de référence pour faire pression sur le marché communautaire », explique Sylvain Maestrecci.

La politique commerciale américaine se montre « agressive »

« Les États-Unis révèlent un discours plus affirmé sur l’importance de l’agriculture américaine. Un sous-secrétaire a été nommé au département de l’agriculture pour se consacrer pleinement aux questions commerciales et ouvrir de nouveaux marchés aux géants américains », rapporte Sylvain Maestracci, conseiller pour les affaires agricoles à l’ambassade de France, aux États-Unis.

Sur le volet agricole, les États-Unis concentrent leur attention sur la Chine, qui représente un marché important, notamment vis-à-vis de la viande porcine. Pour autant, les Américains ont renégocié des accords avec le Mexique et le Canada ainsi qu’avec le Japon. « Aussi, les États-Unis ont réussi à obtenir, depuis le 1er janvier 2020, un accès réservé au contingent issu du Panel Hormones (jusqu’à 78 % en 2026) » auprès de l’Union européenne, complète Lina-May Ramony, de l’Institut de l’élevage (Idele).

Le Royaume-Uni comme moyen de pression en Europe

Si l’Europe n’est pas la priorité en termes d’échanges internationaux, les États-Unis renforcent tout de même leur intérêt pour le Royaume-Uni. « Leur volonté est de faire basculer le Royaume-Uni vers un modèle sanitaire plus proche de celui des États-Unis (utilisation d’hormones de croissance en viande bovine), et d’en faire un accord de référence pour faire pression sur le marché communautaire », explique Sylvain Maestrecci.

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