Après une année où la majorité des concours d’animaux de boucherie avaient été annulés à cause du confinement, pratiquement tous les événements ont pu reprendre cette année (1) mais sur une journée seulement. L’essentiel des 3 500 animaux présentés a été vendu le soir même sur les grands et petits concours, dont un peu plus de 2 000 sur les quatorze manifestations soutenues par la Fédération nationale des concours d’animaux de boucherie (FNCAB).

« Les ventes ont été satisfaisantes »

« Le nombre d’animaux inscrits aux concours était en repli de 30 % en comparaison aux apports de l’édition précédant Pâques en 2019. Les volumes ont notamment manqué dans le bassin charolais », constate Jean-Yves Renard, président de la FNCAB. Du côté des prix, « les ventes ont été plutôt satisfaisantes. Les championnes se sont vendues entre 7 et 10 € du kilo de carcasse (kgc) », reprend le spécialiste.

Quelques prix record ont été décrochés, le maximum atteint étant de 15 €/kgc au Cateau-Cambrésis, dans le Nord.

Le second top-price revient à une championne achetée 14,60 € au concours des bœufs de Pâques de Baraqueville, le 19 mars, dans l’Aveyron. © DR

Trois autres femelles ont dépassé la barre des 10 € le kilo de carcasse :

La grande championne Bœuf Fermier Aubrac du concours de Laguiole, tenu le 13 mars 2021 dans l’Averyon, a été vendue 12,50 €/kgc à la Maison Conquet boucher-charcutier de l’Aubrac. © Jean-Yves Renard

La grande championne du concours de Mamers, dans la Sarthe, revient à la boucherie Plesant située dans les Hauts-de-Seine. Elle a été valorisée 12 €/kgc d’après Jean-Yves Renard. © Boucherie Plesant

La grande championne du concours de Rouen, organisé le 22 mars 2021 dans la Seine-Maritime, a été achetée 11 €/kgc par la boucherie Mellier à Eu, dans le même département. © Jean-Yves Renard

Autre nouveauté cette année, l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) a mis en place un Grand Prix Label Rouge sur l’ensemble des concours soutenus par la FNCAB. Impulsée par le plan de filière, cette récompense s’inscrit dans la logique de montée en gamme des viandes sous label rouge.

Prix Label Rouge au concours de Boussac, le 14 mars, dans la Creuse. © Jean-Yves Renard

Une animation commerciale contrastée selon les zones

Les concours à forte notoriété situés à proximité de grands bassins de consommation (Ile-de-France, Côte d’Azur…) ont remporté cette année encore un franc succès. Les concours bénéficiant d’une forte implication de la boucherie traditionnelle sont aussi très bien placés. La concurrence est toujours bénéfique même si les éleveurs se montrent souvent fidèles à leurs acheteurs de longue date. Sur d’autres manifestations, l’ambiance commerciale s’est révélée plus tendue, avec un manque de dynamisme local et du nombre d’acheteurs.

De façon générale, les boucheries et magasins habitués à travailler la viande de haut de gamme restent attachés à la mise en avant de ces animaux d’exception dans leurs étals. Les fêtes pascales vont être l’occasion pour les bouchers de faire plaisir à leur clientèle amatrice de bonne viande.

La championne

Publiée par Boucherie plesant sur Lundi 22 mars 2021

« Certains opérateurs restent tout de même prudents. Ils sont conscients que les regroupements familiaux seront compliqués étant donné le contexte actuel », relève Jean-Yves Renard.

De leur côté, les éleveurs ont dû faire face à des coûts de production en hausse pour la finition de leurs animaux, en lien avec la flambée du prix des céréales et des correcteurs azotés.

Les participants étaient moins à la fête

Si les organisateurs et les participants étaient soulagés du maintien des concours de 2021, « l’ambiance était assez morose en l’absence des festivités habituelles », confie Jean-Yves Renard. Dans le strict respect des règles sanitaires, les participants aux concours ont été privés des services de restauration cette année. « Nous avons dû troquer la dégustation d’une belle entrecôte contre un casse-croûte mangé sur le pouce », sourit Jean-Yves Renard.

Avec le déroulé des manifestations restreint à une journée, organisateurs, jurys et éleveurs ont dû également se hâter pour installer les animaux au petit matin, procéder au jugement, aux ventes et à la remise des prix.

L. Chupin et L. Pouchard

(1) Les concours de Saint-Pourçain-sur-Sioule (Allier), de Varennes-sur-Allier (Allier), de Romenay (Saône-et-Loire) et de Coulommiers (Seine-et-Marne) soutenus par la FNCAB, qui devaient se dérouler dans des bâtiments publics, ont été reportés à 2022.