Alors que la peste porcine africaine (PPA) est à nos frontières, le ministère de l’Agriculture a annoncé, dans un communiqué du 1er juillet 2022, le lancement d’une nouvelle campagne de sensibilisation auprès de tous les acteurs (professionnels, chasseurs, transporteurs, voyageurs…) afin de protéger le territoire national.

Si elle ne représente aucun danger pour l’homme, la PPA est très contagieuse et mortelle pour les suidés. Elle peut avoir de graves conséquences économiques pour les élevages en cas d’introduction de la maladie sur le territoire français. Depuis quelques années, cette maladie est présente en Europe avec, récemment, des cas confirmés dans le nord de l’Italie.

Une campagne de communication auprès des grands acteurs de la filière

Pour préserver les élevages porcins français et l’ensemble de la filière, « chacun [de ses acteurs] est invité à respecter strictement les mesures de prévention rappelées par cette campagne de communication ».

Éviter toute introduction de la peste porcine africaine en France est « primordial » car l’apparition de la maladie sur le territoire « entraînerait la fermeture totale ou partielle des marchés à l’exportation pour les porcs ou les produits porcins français ».

Selon le communiqué, cette campagne de communication cible quatre grands acteurs essentiels pour la protection du pays, à savoir : les éleveurs, les chasseurs, les voyageurs et les transporteurs.

De simples mesures leur sont donc vivement conseillées :

  • « Pour les éleveurs et les transporteurs, respecter les règles de prévention et les mesures sanitaires de biosécurité (nettoyage et désinfection des véhicules et du matériel utilisé, respect strict des dispositifs destinés à éviter les contacts entre animaux d’élevage et sangliers sauvages), être vigilants, signaler et déclarer toute suspicion de PPA ;
  • Pour les voyageurs et les travailleurs saisonniers, jeter les restes d’aliments à base de porc dans des poubelles prévues à cet effet et fermées car le virus peut se transmettre aux sangliers et aux porcs domestiques par la viande ou des produits à base de viande contaminés ;
  • Pour les chasseurs et les usagers de la nature, être vigilants et signaler la découverte de sangliers morts aux services déconcentrés de l’État (directions départementales en charge de la protection des populations) ou à l’Office français de la biodiversité (OFB) ».

Dans le but de toucher un maximum de personnes, cette campagne se décline sous différentes formes avec « la diffusion de spots radio, d’affiches dans les aires d’autoroutes et de transports ainsi que sur les réseaux sociaux ».

Plusieurs foyers menacent la France

Actuellement, la France reste indemne de peste porcine africaine. Cependant, « la dynamique de déplacement du virus en Europe fait peser une menace permanente sur les populations de sangliers et de porcs de l’Hexagone », explique le ministère.

Si « la maladie est installée depuis 2014 dans la faune sauvage en Europe de l’Est et est régulièrement détectée dans des élevages de porcs », celle-ci s’est rapidement rapprochée de nos frontières. En 2018, la peste porcine atteint d’abord la Belgique limitrophe, qui n’a retrouvé son statut indemne qu’en novembre 2020.

Puis, c’est au tour de l’Allemagne « où trois foyers en élevages de porcs ont été détectés mi-juillet 2021 près de la frontière polonaise » et du nord de l’Italie (piémont, Ligurie) « où la des sangliers ont été déclarés infectés, à la fin de 2021, à une centaine de kilomètres de la France », suscitant la vigilance des autorités françaises.

Enfin, depuis à la fin de juillet 2021, la crainte vient des Caraïbes « avec la détection de plusieurs foyers en République dominicaine qui compte de nombreux élevages familiaux » du fait de leur proximité géographique avec les départements français d’Outre-mer.

Un foyer a également été confirmé le 25 mai dernier dans un élevage porcin allemand, situé à seulement six kilomètres de la frontière française. De ce fait, « l’État, la filière porcine et les acteurs des territoires sont tous mobilisés pour préserver notre territoire de la maladie », indique le ministère dans son communiqué.

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Laurine Mongenier