C’est le premier grand procès issu des investigations de la cellule Demeter. Créé en 2019 par le gouvernement afin de mettre fin aux agressions faites au monde agricole, le dispositif de la Gendarmerie nationale a arrêté, en juin 2021, neuf activistes animalistes à l’issue d’une enquête d’un an et demi, coordonnée sur plusieurs départements.

Ces prévenus comparaissent, ce 28 janvier 2022, devant le tribunal correctionnel du Mans pour « atteinte à l’honneur et la considération », « dégradation et détérioration », ainsi qu’« association de malfaiteurs ». Âgés de 21 à 43 ans, ils sont accusés d’une vingtaine d’infractions, commises dans la Sarthe, la Mayenne, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, le Finistère, les Deux-Sèvres, l’Eure et les Yvelines. Parmi eux, certains appartiennent à des groupuscules antispécistes, notamment « Animal1st » et « Boucherie abolition ». Ils sont pour la plupart domiciliés dans les départements où les violations ont été commises.

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Intrusion où vivent les agriculteurs et leur famille

La Justice reproche à ces activistes de s’en être pris à plusieurs agriculteurs, de décembre 2019 à avril 2021. Quatorze éleveurs ont en effet subi des intrusions et des dégradations sur leur exploitation agricole, ainsi que pour l’un d’eux, le vol de plusieurs agneaux. Les faits se sont déroulés, durant la nuit, au sein de fermes où sont domiciliées les agriculteurs et leur famille pour la plupart.

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Tags antisémites, vol d’agneaux, dégradations

« Violeurs de vaches », « élevage abolition », « élevage esclavage », « Déméter protège les égorgeurs », « Meurtrier », « Auschwitz n’a jamais fermé », « Élevage = nazisme », « dédicace à […] Julien Denormandie », etc. : des silos, des bâtiments, des véhicules, des murs, des semoirs, des bennes ont été tagués, la voie publique a également été dégradée. Ces actes ont par ailleurs été diffusés sur les réseaux sociaux.

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Aux côtés des agriculteurs, d’autres victimes réclament réparation pour avoir subi différentes dégradations. Parmi elles, des sociétés spécialisées dans la génétique bovine, la sélection de poules pondeuses, le foie gras, le transport, ainsi que pour la Mayenne, son conseil départemental, sa chambre d’Agriculture et la FDSEA. La FNSEA figure aussi parmi les parties civiles.

Le procès devrait durer toute la journée. Initialement prévu le 10 décembre 2021, il avait été renvoyé au 28 janvier 2022, à la demande des accusés.

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Rosanne Aries