Un accord commercial avec l’Australie ne doit pas se faire aux dépens des éleveurs britanniques, a laissé entendre le mardi 18 mai 2021 sur Sky News George Eustice, le ministre britannique de l’Environnement et de l’Agriculture, laissant entrevoir des divisions au sein du gouvernement sur cette négociation : « Il y a consensus clair sur le fait que nous voulons avoir un accord commercial avec des pays comme l’Australie, mais évidemment assorti de bonnes conditions », selon lui, ajoutant qu’un « équilibre doit être trouvé » entre le libre-échange et la protection de secteurs comme l’agriculture.

Deux camps au sein du gouvernement

Le quotidien Financial Times révèle de son côté l’existence de deux lignes qui s’opposent au sein du gouvernement, sans que le Premier ministre Boris Johnson n’ait encore tranché.

D’un côté, la ministre du Commerce international Liz Truss et le ministre des relations avec l’Union européenne David Frost défendent un accord sans droit de douane avec l’Australie, qui serait très avantageux pour les producteurs de bœuf et agneau australiens, plus industrialisés.

De l’autre, George Eustice et le ministre d’État, Michael Gove, craignent que les agriculteurs britanniques en fassent les frais, comme a déjà mis en garde le syndical agricole NFU (National Farmers’ Union).

La réaction du syndicat agricole

Cette opposition illustre les tensions entre les conséquences du Brexit, ou le projet « Global Britain » de négocier des accords commerciaux dans le monde, et la préservation de certains secteurs d’activité ou normes sanitaires et environnementales. « Nous devons nous assurer que les concessions concernant notre marché intérieur ne doivent pas être attribuées trop facilement », a déclaré Minette Batters, présidente de la NFU.

« Il y a un vrai risque que l’agriculture britannique souffre de dégâts irréversibles plutôt que de prospérer comme nous le voulons, au détriment de notre environnement, notre sécurité alimentaire et notre ruralité », selon elle.

L’Australie, premier accord post-Brexit

L’accord avec l’Australie, que Liz Truss espère conclure avant le G7 de la mi-juin 2021 en Cornouailles, serait le premier à ne pas être simplement un renouvellement ou une adaptation des accords qui existent entre l’Union européenne et d’autres pays. Le Royaume-Uni a déjà obtenu des accords avec l’Europe et le Japon, et le pays est en discussion, en dehors de l’Australie, avec les États-Unis, l’Inde et la Nouvelle-Zélande. Des négociations vont débuter avec le Canada et le Mexique.

L’écueil agricole avec les États-Unis

Les questions agricoles pourraient d’ailleurs être épineuses dans les discussions avec les États-Unis, puisque le Royaume-Uni pourrait devoir accepter d’importer des produits comme le poulet lavé au chlore ou le bœuf aux hormones, aux normes bien moins strictes que celles de l’Union européenne.

D’après l’AFP