Même si le taux de renouvellement des actifs est meilleur dans la filière ovine que dans d’autres filières agricoles, l’enjeu de l’installation, notamment de jeunes qui s’installent hors cadre familial, est essentiel. Plus de la moitié des éleveurs ont plus de cinquante ans. Attirer, puis former et installer des candidats non issus du milieu agricole (Nima) est donc un défi de taille.

Mieux accompagner

« Il faudra travailler sur la communication, a estimé Alizée Chouteau, de l’Institut de l’élevage, lors du webinaire Grand angle ovin, le 4 mai 2021. Mieux faire connaître le métier agricole dans les dispositifs d’accompagnement à l’emploi sera une piste à explorer. »

Elle présentait une étude réalisée auprès d’éleveurs non issus du milieu agricole et récemment installés. Des d’experts de l’installation et de la formation ont également été interrogés. Cette étude a pour objectif d’identifier les principaux freins ou catalyseurs dans le parcours à l’installation de jeunes Nima en élevage ovin.

Plus de pratique

« La pratique est ce dont les candidats Nima ont le plus besoin dans leur formation, observe Alizée Chouteau. Il faut trouver les moyens de faciliter les stages pratiques. Ces apprentis demandent un suivi différent de celui des filles ou fils d’agriculteurs. » Le développement d’espaces tests est aussi une idée mise en avant.

Selon l’experte, il y a un décalage dans le vocabulaire, en éleveurs et Nima. « Il faut que chacun apprenne à parler le même langage et à éviter le « jargonnage » », précise Alizée Chouteau.

Il s’agit donc de s’adapter au public, y compris dans l’accompagnement à l’installation. « Il faudra être mieux armés pour accompagner les projets atypiques et simplifier le parcours à l’installation », a souligné Alizée Chouteau.

Marie-France Malterre