Dans le cadre de la grippe aviaire H5N8, alors que tous les voyants sont repassés au vert, l’activité du couvoir de la Bidouze reste bloquée. Ce couvoir est spécialisé dans l’élevage de canetons mulets issus de vieilles races de reproducteurs comme kriaxera et rouen landais. Confrontés à l’interdiction de couvaison, les propriétaires ont jeté, le 27 juin 2021, environ dix mille œufs fécondés.

Le 30 juin 2021, quelque 14 000 œufs ont été déplacés dans un couvoir des Landes pour approvisionner la filière locale : « avec ça, on alimentera juste 10 % de notre clientèle, à condition que tout éclose bien », déplore Florence Lataillade, la gérante du couvoir de la Bidouze.

Une visioconférence avec le ministre de l’Agriculture

L’abattage des reproducteurs reste en suspens et dépend de la réussite du protocole de « l’élevage miroir » mis en place par le conservatoire des races d’Aquitaine. Pour l’instant, 1 500 œufs de kriaxera et 400 de rouen landais sont partis en incubation dans un second couvoir. Les premiers écloront fin juillet. « La DGAL (direction de l’Alimentation du ministère de l’Agriculture) et, à l’échelon départemental la DDPP (Protection des personnes), souhaitaient procéder à l’abattage mais, lors d’une visioconférence à la préfecture début juillet, le ministre de l’Agriculture a dit qu’il fallait avant toute chose s’assurer de la viabilité des canetons », révèle Florence Lataillade.

L’incertitude pèse lourd sur le couvoir basque et ses éleveurs opposés à l’abattage du cheptel kriaxera, du fait de son caractère unique et de sa résistance a priori à l’influenza aviaire. Les producteurs n’ont aucune information quant aux évaluations scientifiques en cours sur les spécificités de cette souche locale face au virus.

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Hélène Quenin.