« Près de neuf produits sur dix sont confrontés à des usurpations, des copies ou du parasitisme. […] Il n’est pas rare que les noms d’appellation soient détournés ou encore que sur un même étal des fromages sous AOP et non sous AOP visuellement similaires cohabitent », déplore le Cnaol, dans un communiqué publié le 13 janvier 2021.

Pour contrer ce phénomène, le syndicat demande aux pouvoirs publics « des mesures dissuasives pour lutter efficacement contre ces copies. Les coûts directs liés aux conseils d’avocats ou aux interventions en justice peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. La grande majorité des organismes de gestion (ODG) n’ont ni les moyens humains pour réaliser une veille sur le terrain, ni les moyens financiers de lutter contre ces copies. »

> À lire aussi : Calculer le coût des fromages avant de fixer leur prix (02/12/2020)

Distorsions entre produits

Plus largement, le Cnaol appelle à ce que « l’ensemble des indications géographiques européennes bénéficient d’une protection dans les pays tiers avec lesquels l’Union européenne contracte des accords commerciaux ».

« Dans la plupart des accords bilatéraux, seules quelques indications géographiques sont retenues pour bénéficier d’une protection dans le pays tiers, laissant de côté de nombreux produits qui se retrouvent livrés à eux-mêmes et doivent assurer leur protection par leurs propres moyens. »

Le syndicat estime que « cette distorsion entre produits n’est pas souhaitable » et demande que « les listes [des indications géographiques] soient révisables dans le temps et soient les plus exhaustives possible, en prenant en compte toutes les indications géographiques présentes à l’exportation, celles ayant un potentiel de développement et celles qui souffrent déjà de copies. »

> À lire aussi : Les AOP et IGP laitières ont gagné du terrain en 2019 (09/10/2020)

Des craintes face au Brexit

Ces revendications du Cnaol prennent corps dans un contexte européen marqué par le Brexit. « Plus de trois AOP laitières sur cinq commercent avec le Royaume-Uni, la première destination à l’exportation », souligne l’organisation. Elle précise toutefois qu’à ce jour, « la protection des indications géographiques européennes existantes reste assurée au Royaume-Uni dans le cadre de l’accord de retrait ».

Pour autant, « les derniers accords du Brexit n’offrent aucune garantie sur le long terme pour les indications existantes, et encore moins pour celles en cours de reconnaissance ou les futures indications géographiques », alerte le Cnaol. Par conséquent, le syndicat demande que « tous les moyens soient envisagés pour assurer une protection pleine des indications géographiques au Royaume-Uni, à court et plus long terme ».

Vincent Guyot