Dans l’Ouest, à la ferme expérimentale Arvalis de La Jaillère en Loire-Atlantique, l’année 2021 avait plutôt bien commencé. À la fin de février et au début de mars, la pousse de l’herbe était supérieure à la moyenne. À la mi-mars, elle a ralenti à cause des baisses de températures et de l’absence de pluie. Les croissances mesurées alors étaient au mieux conformes à la moyenne des quinze dernières années. Depuis le début d’avril, elles sont restées inférieures de 20 à 50 % à la moyenne.

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« Les petites terres peu profondes sont les premières à avoir décroché en raison du déficit hydrique, souligne Anthony Uijttewaal, ingénieur à la ferme expérimentale de La Jaillère, mais toutes ont souffert des gelées. L’aspect positif de ce constat, ce sont les conditions de pâturage qui ont été bonnes. »

Des ensilages riches en sucres

L’absence de pluie a aussi été favorable aux récoltes précoces dans la zone où elles ont pu se dérouler à des stades jeunes au regard des sommes de températures atteintes. « Les tonnages récoltés sont inférieurs à la moyenne, constate-t-il. Par ailleurs, la récolte a eu lieu à un stade jeune (au cours de la montaison) sous des conditions froides et avec beaucoup de rayonnement, ce qui a favorisé l’accumulation de sucres dans la plante. »

« Cette teneur (inhabituelle) en sucres, ajoutée à de bonnes conditions de préfanage, a pu rendre le fourrage collant lors de la récolte, décrit-il. Les analyses du fourrage devraient être bonnes pour ce qui concerne l’énergie. Pour la valeur protéique, cela devrait dépendre des apports d’azote. Ils n’ont pas toujours pu être toujours valorisés correctement par la plante en raison du manque de pluie et la minéralisation n’a pas pu accompagner. »

Le méteil assèche le sol

La récolte du méteil riche en protéagineux, à La Jaillère le 26 avril, avec un rendement de 4 tonnes de matière sèche par hectare, est satisfaisante surtout compte tenu de l’excès d’eau sur la parcelle en fin d’hiver. « Ce stock servira de support lors du début des expérimentations prévues dans le cadre du programme Cap Protéines », explique Anthony Uijttewaal.

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« La culture du méteil a cependant asséché le sol et retardé le semis du maïs. Il a fallu attendre le retour des pluies pour le semer le 6 mai. La plus grande partie des semis de maïs, derrière des couverts a eu lieu à la fin d’avril dans de bonnes conditions. Localement et notamment derrière les dérobées, les implantations se sont faites dans le sec ou ont attendu le retour des pluies. »

« La pluviométrie sera déterminante dans les prochains jours. La fertilisation azotée en fonction des prévisions météo constitue un bon levier pour stimuler la pousse des prairies des prochaines semaines », insiste Anthony Uijttewaal.

Marie-France Malterre