« Nous avons travaillé à la réduction de la production de lait et nous demandons à l’Union européenne de prendre ses responsabilités, a déclaré le ministre mercredi lors d’un point de presse à la sortie du conseil des ministres à Paris. Aujourd’hui, il faut absolument la possibilité de stocker, de stocker du lait en poudre. »

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En tandem avec l’Allemagne

« Nous sommes dans une crise extraordinaire au sens de pas ordinaire, a-t-il poursuivi. Et dans une crise qui n’est pas ordinaire, il faut des réponses qui ne sont pas ordinaires. Avec ma collègue […] allemande, nous allons travailler pour faire bouger la Commission pour qu’il y ait des mesures de marché européennes pour aider chaque État membre à s’en sortir. »

Nous sommes dans une crise extraordinaire au sens de pas ordinaire.Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture

Le mois d’avril correspond à un pic de production laitière en Europe, le premier producteur laitier du monde, mais cette année, en raison de la crise du coronavirus et des confinements décidés partout, la plupart des marchés traditionnels se sont effondrés même si une partie a été compensée par une augmentation des ventes de produits laitiers dans la grande distribution.

À la Commission européenne de jouer

Après un entretien téléphonique sur les conséquences du Covid-19, la ministre allemande Julia Klöckner et Didier Guillaume ont insisté sur « la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du marché européen et international. […] L’organisation commune de marché comporte tous les instruments pour répondre rapidement et de manière adaptée aux perturbations du marché. »

Les deux ministres « appellent la Commission européenne à adopter rapidement les mesures de gestion des marchés […] et en particulier […] de prévoir l’ouverture du stockage privé dans les secteurs en crise ». Ils demandent aussi à Bruxelles « d’adopter rapidement les mesures de flexibilité nécessaires dans la gestion des contrôles Pac, notamment des contrôles sur place ».

La poudre de lait en chute libre

Résultat, les cours du lait s’effondrent et dans plusieurs pays, des producteurs sont contraints de jeter leur lait, faute de débouché. La tonne de poudre de lait écrémé qui se vendait 2 200 euros la semaine dernière, contre 2 600 euros les six derniers mois, est tombée à quelque 2 000 euros cette semaine, a signalé le Belge Erwin Schöpges, président de l’European Milk Board.

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« Il faut absolument plafonner la production en Europe et indemniser les producteurs », a demandé le président de l’EMB. Il s’est en revanche déclaré « absolument opposé » à la constitution de stocks européens qui vont « peser » pendant de longs mois sur les cours et les épaules des producteurs.

E.R. avec l’AFP