Ce vote des députés européens concernant la fin possible de l’élevage en cage des animaux, répond à l’initiative citoyenne européenne « Pour une nouvelle ère sans cage ». Cette pétition a recueilli près de 1,4 million de signatures dans toute l’Union européenne, en septembre 2018, obligeant la Commission européenne à se positionner sur le sujet.

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Le début d’un éventuel processus législatif

Hier, le 10 juin 2021, les députés européens ont donc adopté une résolution par 558 voix pour, 37 contre et 85 abstentions, demandant à la Commission européenne de présenter des propositions législatives visant à interdire l’élevage en cage, si possible dès 2027. Ils ont aussi validé un amendement favorable à l’interdiction du gavage des canards et des oies.

Après le vote de ce 10 juin 2021, le Parlement européen a précisé quatre points dans un communiqué de presse :

  • Il considère que les alternatives à l’élevage en cage existent et devraient être encouragées ;
  • Il demande que l’interdiction se base sur une étude d’impact et une approche espèce par espèce ;
  • Il propose une période de transition et un soutien approprié pour les agriculteurs et les éleveurs ;
  • Il demande la conformité totale des produits animaux importés avec les règles de l’Union européenne sur l’élevage sans cage.

« Il est nécessaire de parvenir à des aménagements, voire à une interdiction de l’élevage en cage », a déclaré l’eurodéputé chrétien-démocrate allemand Norbert Lins, rapporteur du texte soumis au vote. Il a considéré « que 2027 pourrait représenter une date acceptable pour la disparition complète de l’élevage en cage ».

La Commission européenne répond

La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a assuré que l’exécutif européen « s’engage en faveur du bien-être des animaux » et « se penche » sur les demandes à la fois de fin de l’élevage en cage, mais aussi de soutien aux éleveurs devant modifier leurs élevages et de respect de normes semblables pour les produits importés.

« Il s’agit d’une question éthique, sociale et économique. Nous devons écouter les voix de nos concitoyens et faire cette transition vers une approche plus durable dans les plus brefs délais », a-t-elle déclaré, sans toutefois s’avancer sur la nécessité d’une législation supplémentaire dans l’Union européenne.

Le gavage dans la ligne de mire

La résolution finale du Parlement européen inclut un amendement demandant également à la Commission de faire des propositions « visant à interdire le gavage cruel et inutile des canards et des oies pour la production de foie gras ».

Cet amendement, proposé par le groupe GUE (gauche radicale) et celui des Verts, a été adopté par 319 voix, tandis que 251 députés ont voté contre et 108 se sont abstenus. « Mettre fin au gavage, c’est condamner le secteur français du foie gras, un secteur vitrine des traditions de nos territoires », a critiqué l’eurodéputée française PPE (droite) Anne Sander.

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Eric Roussel avec l’AFP