Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Les campagnols terrestres resurgissent

réservé aux abonnés

Prairies - Les campagnols terrestres resurgissent
Les prairies du Gaec Bos Girbal et Fils à Pierrefort (Cantal) sont dévastées. © Bos Girbal

Des dégâts apparents sur de nombreuses prairies d’Auvergne, font craindre une nouvelle pullulation de rats taupiers.

« Nous sommes très inquiets au regard de l’état actuel de nos prairies », commentent Christian et Patricia Bos Girbal, associés avec leurs fils Bastien et Benoît à Pierrefort, dans le Cantal. Les trois sites de leur exploitation regroupant 300 hectares, dont 80 hectares d’estive, sont fortement touchés par une recrudescence de campagnols terrestres.

Des pertes directes et indirectes

« Nous luttons contre ce fléau depuis 1988, sans succès, se désole Christian. La dernière forte pullulation entre 2015 et 2017 nous a coûté 50 000 € de pertes directes et indirectes. On ne nourrit pas 160 mères aubracs et leur suite avec de la terre. Nous traitons et piégeons. »

« Nous avons aussi diversifié notre assolement pour casser la circulation des rongeurs, décrit Christian. Nous nous sentons inefficaces. » Les prairies laissent apparaître de nombreux tumuli de terre, révélateurs de la forte présence des rats taupiers dans le Cantal, le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire.

Agir tôt

« Le massif du Mézenc-Meygal est durement touché depuis trois ans. C’est un vrai combat que doivent mener les éleveurs, sans baisser les bras. La lutte contre les campagnols est à intégrer dans nos pratiques de culture de l’herbe, c’est la seule solution pour éviter des proliférations massives », souligne Christian Munier, vice-président de la Fredon (1) Auvergne-Rhône-Alpes et président de la FDGedon (2) de Haute-Loire.

« Afin de compenser la disparition des appâts à la bromadiolone, interdits d’utilisation à partir du 20 décembre prochain, des produits à base de phosphure de zinc ont été homologués et mis sur le marché en France », explique Sandrine Laffont, ingénieur à la FDGedon du Puy-de-Dôme.

« Ratron GW, sur support grain de blé, donne des résultats prometteurs (plus de 85 % d’efficacité) lorsque la densité de campagnols est à moins de 50 % d’infestation, poursuit-elle. L’application doit se faire manuellement, en respectant la quantité maximale de 2 kg/ha/an ».

Détruire les taupes

Pour Corinne Martins, directrice adjointe de la Fredon Aura, « il est primordial de conduire une lutte annuelle et d’agir avant que le taux d’infestation dépasse 30 %, de détruire les taupes qui sont les “terrassiers” des campagnols, et de favoriser l’approche des prédateurs (pierriers, perchoirs). Casser les galeries par le piétinement des animaux en pâturage tournant, labourer quand c’est possible, broyer les refus sont autant de moyens également préconisés. »

Monique Roque-Marmeys

Fédérations régionale (1) et départementale (2) des groupements de défense contre les organismes nuisibles.

Aides du FMSE

Le Fonds de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE) indemnise les frais de lutte contre le campagnol terrestre et la taupe à tout agriculteur souscripteur d’un contrat de lutte quinquennal géré par les FDGedon.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !