« On aime tellement nos brebis. » Pascal Boithier, éleveur et exploitant sur un vignoble dans l’Aube, raconte à La France Agricole sa fin d’après-midi du 15 mai 2020. L’une de ses 250 brebis fraîchement rentrée après huit mois en plein air à manger de l’herbe, a donné naissance à des quintuplés. « Le naturel n’empêche pas la productivité ! », se réjouit le propriétaire de l’exploitation L’Agneau des Nos, située à Bertignolles.

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« Quand il y en a cinq, c’est un peu le fouillis »

Pascal Boithier, son épouse Dominique et son fils Jean-Christophe étaient tous présents lors de l’agnelage et ont aidé la brebis à mettre bas. « Quand elle a commencé à faire ses agneaux, ça se voyait tout de suite que c’était un agnelage multiple. Le premier était tout riquiqui, puis un deuxième, un troisième, un quatrième et enfin un cinquième ! », raconte-il.

En moyenne, une brebis donne naissance à un ou deux agneaux. Ces quintuplés sont donc un fait exceptionnel, que l’exploitation a déjà vécu par le passé. « Quand il y en a cinq, c’est un peu le fouillis, ils veulent tous sortir en même temps. Là je ne pense pas qu’elle les aurait eus toute seule. »

« Elle n’a que deux tétines et n’avait pas assez de lait pour tous »

Sur les cinq agneaux « chétifs » mais « assez gros », compte tenu de leur nombre, un est mort, déplore Pascal Boithier. « Le souci est qu’ils devaient tous boire absolument le colostrum de la mère. Or elle n’a que deux tétines et n’avait pas assez de lait pour tous. L’agneau mort n’avait pas eu sa dose. » Et ce, malgré le système d’allaitement mis en place par l’éleveur pour les trois autres.

Depuis, la brebis est « tranquille avec ses mouflets avec elle dans une caisse d’agnelage pour qu’elle s’imprègne de l’odeur ». Une pratique qui permet aussi aux éleveurs de surveiller la croissance des agneaux. Ils seront ensuite tous lâchés en plein air dans le même lot, l’agnelle ayant déjà passé l’hiver dehors dans la luzerne, explique l’éleveur de l’Aube.

« Quand il y en a cinq, c’est un peu le fouillis, ils veulent tous sortir en même temps. » © Dominique Boithier

Des agneaux sous label rouge

Passionné par ses brebis, moutons et leurs agneaux sous label rouge, Pascal Boithier a développé son exploitation L’Agneau des Nos en certification conformité produit. À la recherche d’une « conformité d’agneaux », il fait partie d’une marque créée dans les années 1980 par une trentaine d’éleveurs de l’Aube. Nommée Agneaux de l’Aube, la marque « qui existe toujours » est née grâce au soutien d’un boucher d’un Intermarché de la région qui a pris la quête en considération et a mis les éleveurs en contact avec d’autres collègues. « Une expérience humaine enrichissante », conclut l’éleveur.

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Oriane Dieulot