« Sur mon champ de maïs de 5,70 ha semé au début de mai, 4 ha ont été intégralement détruits en quelques jours par des choucas », constate Jean-Yves Le Brun, installé à Peumerit, dans le Finistère. Seuls les bords des champs sont restés intacts car l’animal a peur des voitures.

L’agriculteur a contacté la Direction départementale des territoires et de la mer et une battue administrative va être organisée. Cependant, comme le choucas n’est pas un gibier, le producteur breton ne pourra pas prétendre à une indemnisation par la fédération des chasseurs. « Le maïs va être ressemé mais je n’ai que mes yeux pour pleurer », explique-t-il.

Une protection des cultures complexes

Les différents systèmes d’effarouchement s’avèrent inefficaces car les animaux s’y habituent très vite. La chasse n’est pas possible car le choucas est une espèce protégée. Seul le lieutenant de louveterie peut intervenir en cas de besoin.

Selon Vincent Le Talour, chargé d’étude en environnement à la chambre d’agriculture du Finistère, ces contraintes ont été assouplies par un arrêté préfectoral datant du 28 mars 2019 qui autorise, à titre expérimental, certains chasseurs (deux par communes) à intervenir en respectant un quota limité. Le traitement de semences est une autre solution, mais Jean-Yves Le Brun n’en avait pas réalisé.

« Les dégâts sont considérables pour l’agriculture, estiment les chambres d’agriculture de la Bretagne dans un communiqué diffusé le 3 juin 2019. Pour le seul département du Finistère, les pertes liées aux dégâts de choucas des tours sont estimées à plus d’un million d’euros en 2017. Mais ce n’est pas tout : ils affectent aussi la sécurité et la qualité de vie dans les territoires ! »

« Pour adapter les moyens de lutte contre le choucas des tours, les chambres d’agriculture de la Bretagne appellent toute personne victime d’un dégât, les agriculteurs, mais aussi les communes et les particuliers, à le déclarer et le chiffrer. Ce n’est qu’avec ces données justifiant l’augmentation des dégâts causés par les choucas des tours que la profession pourra demander des mesures de lutte supplémentaires. »

R.H.