L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) vient de publier les résultats des évaluations des alternatives au glyphosate. Elle y annonce notamment des restrictions d’usage pour la viticulture, l’arboriculture et les grandes cultures avec une interdiction entre les rangs de vigne et d’arbres fruitiers ainsi que sur champ labouré. Quelques dérogations sont prévues.

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Souveraineté alimentaire en jeu

« Une fois encore, la France va au-delà du cadre européen : le glyphosate reste autorisé dans les autres pays de l’Union européenne, sans restriction pour les usages non substituables, juge dans un communiqué de presse la FNSEA. Cependant, toutes les impasses et difficultés techniques que la FNSEA a démontrées, notamment dans le cadre du contrat de solutions, ne sont pas couvertes par les usages qui restent autorisés. »

Le syndicat estime par ailleurs que ces nouvelles restrictions franco-françaises vont « encore creuser notre différentiel de compétitivité avec les producteurs des autres pays européens et mondiaux, et conduire à toujours plus d’importations de produits étrangers qui ne respectent pas les normes françaises. C’est la souveraineté alimentaire de notre pays qui est en jeu ! » complète-t-elle.

Impact économique considérable

Si l’AGPB note avec satisfaction le maintien de l’utilisation du glyphosate, même à dose réduite, pour la gestion des adventices et des couverts d’interculture en système de culture sans labour, elle s’inquiète de l’application des recommandations de l’Anses qui aurait un impact économique considérable pour les céréaliers, « lesquels subissent déjà une crise économique de grande ampleur depuis huit ans, amplifiée par la récolte catastrophique en 2020 ».

Enfin, l’AGPB souligne les incohérences des décisions politiques. À l’heure, où il est demandé aux agriculteurs de réduire leur empreinte carbone, l’Anses leur recommande de relancer le labour, clairement défavorable au stockage du carbone dans les sols et de remettre un nombre conséquent de tracteurs dans les champs.

Un renoncement à l’interdiction

Autre point de vue pour Générations Futures : « Ce rapport est très préoccupant car il n’avance qu’un nombre très restreint d’usages pour lesquels des alternatives au glyphosate existent qui doivent être considérées comme courantes et sans impact économique. Il ne va donc pas créer une vraie dynamique pour les changements de pratiques mais plutôt acter une sorte de statu quo en n’encourageant pas clairement la montée en puissance d’alternatives déjà existantes pour la plupart. »

« Cela signe un renoncement à une véritable sortie du glyphosate alors même que le chef de l’Etat avait demandé au gouvernement en novembre 2017 « de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans », estime l’association.

Céline Fricotté