Faisant suite à une plainte de la Pologne et de la Lituanie pour concurrence déloyale de la Russie, de Trinidad et Tobago, et des États-Unis, la Commission européenne doit annoncer aujourd’hui si elle met en place une taxe antidumping concernant les importations de solution azotée. On devrait également connaître le montant de cette taxe, qui sera un pourcentage différent selon l’origine, et la date d’application de cette taxe.

Pour la Coordination rurale et France Grandes Cultures (anciennement OPG), « une telle taxation ne manquera pas de peser sur le prix de l’engrais et de pénaliser l’ensemble des producteurs européens de grandes cultures qui subissent quotidiennement la concurrence déloyale des importations massives de soja, de maïs, d’huile de palme… en provenance de pays pratiquant un dumping social et/ou environnemental et sans que cela n’émeuve particulièrement la Commission européenne. […] Il est choquant que les fabricants d’engrais soient ainsi les seuls à être protégés. »

« Ne pas imposer de droits »

Pour le Copa-Cogeca, « la Commission ne devrait pas sous-estimer l’impact négatif sur les agriculteurs européens et la pression supplémentaire que cela exerce sur leurs revenus déjà fragiles lorsqu’ils évaluent les avantages potentiels d’imposer des droits antidumping aux fabricants d’engrais ».

Jean-François Isambert, président du groupe de travail sur les céréales pour le Copa-Cogeca, rappelle que « les prix des engrais azotés ont déjà considérablement augmenté dans l’Union européenne ces derniers mois. Selon nos calculs, les droits antidumping proposés ajouteraient environ 2 milliards d’euros à ces coûts sur une période de cinq ans. Soyons réalistes, ces dépenses supplémentaires ne seront jamais répercutées en aval dans la chaîne agroalimentaire et, une fois encore, les agriculteurs devront en payer le prix si de tels droits antidumping sont appliqués. » Le Copa-Cogeca « exhorte la Commission à clôturer cette enquête sans imposer de droits antidumping ».

Achats clos

Signe que la Commission devrait imposer des taxes antidumping, hier, le jeudi 20 mars, est sorti un règlement d’exécution qui rend obligatoire l’enregistrement des importations de solution azotée en provenance de la Russie, de Trinidad et Tobago, et des États-Unis dans tous les États membres. Dans l’attente de cette décision, les organismes stockeurs ont clos les achats de solution azotée de la part des agriculteurs.

Florence Mélix