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Sélectionner des maïs acceptables pour la société

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Projet Amaizing - Sélectionner des maïs acceptables pour la société
Il y a un vrai besoin de critères pour pallier les aléas climatiques via l’introduction de diversité à différents niveaux, selon Isabelle Litrico, de l’Inrae de Lusignan. Sécheresse. © P. Montigny

Le projet de recherche Amaizing a permis durant dix ans de fournir des connaissances et des outils pour la sélection et l’évaluation variétale. Objectif : répondre aux enjeux auxquels le maïs est confronté, en particulier le changement climatique, et aux attentes de la société.

Le projet Amaizing mis en place il y a dix ans pour « soutenir la compétitivité des filières françaises de sélection et de production du maïs » se termine le 30 septembre 2021 (lire l’encadré ci-dessous). L’occasion de présenter, le 22 septembre 2021, ses principaux résultats et leurs bénéfices pour la filière du maïs face aux enjeux auxquels elle est confrontée. Au premier rang desquels figure le changement climatique, avec une hausse des températures et des besoins en eau, une progression des événements extrêmes et une modification des cycles des bioagresseurs.

Comment affronter le stress hydrique ?

La génétique fait partie des solutions pour y faire face. « Dans le bon de commande auprès des chercheurs du projet, figuraient en premier lieu le défi climatique et la question de savoir comment affronter demain le stress hydrique, a rappelé Daniel Peyraube, président de l’AGPM (Association générale des producteurs de maïs), lors d’une table-ronde portant sur les « innovations génétiques en maïs pour faire face aux nouveaux enjeux de l’agriculture ».

« Les aléas climatiques constituent un vrai challenge, notamment en ce qui concerne la tolérance à la sécheresse, confirme Isabelle Litrico, cheffe du département de la biologie et de l’amélioration des plantes à l’Inrae de Lusignan.

Selon elle, « il y a un vrai besoin de critères pour pallier ces aléas via l’introduction de diversité à différents niveaux » : grâce aux hybrides, à des génotypes différents dans les parcelles ou encore à des mélanges de variétés.

Cela est déjà travaillé en blé, moins en maïs. « Mais cela implique des recherches sur les interactions entre les plantes et donc de nouveaux critères de sélection pour cette vie en association », commente-t-elle.

Ecoanxiété ambiante

« Il y a beaucoup d’écoanxiété par rapport au changement climatique, considère de son côté Bertrand Valiorgue, professeur de stratégie et gouvernance des entreprises à l’université Clermont Auvergne. Il y a une traduction directe sur la filière du maïs qui n’a jamais eu autant d’ennemis coalisés contre elle. »

La plante « traîne » en effet une image d’OGM et de culture irriguée. Et « il y a un certain nombre d’activistes qui veulent arrêter l’élevage et substituer des protéines animales par d’autres sources d’alimentation et en particulier des protéines de type végétal. On voit donc émerger des opérateurs sur les biotechnologies alimentaires qui attaquent directement la filière du maïs », complète Bertrand Valiorgue.

Variétés acceptables pour la société

Au-delà de l’amélioration du rendement, de la stabilité face aux aléas climatiques, de la résistance à la verse et aux bioagresseurs, le projet Amaizing visait aussi à aider les semenciers à sélectionner des variétés acceptables pour la société.

« Pour l’avenir, il est probable qu’on élargisse les besoins à des choses moins près des caractéristiques de la production, considère Stéphane Jezequel, directeur scientifique d’Arvalis, comme le stockage de carbone. »

« Certes, il ne faut pas tout demander à la génétique, mais on peut très bien introduire cette fonction-là et créer demain des variétés qui stockeront via les exsudats racinaires 10 ou 30 % de carbone de plus dans le sol », poursuit-il.

« Envirotypage »

Ce qui intervient aussi beaucoup, c’est l’interaction entre la génétique utilisée par l’agriculteur, ses pratiques et le climat. Cela demande une analyse plus fine de l’environnement de l’agriculteur pour sélectionner des variétés adaptées à la combinaison climat-pratiques culturales.

C’est ce qu’on appelle l’« envirotypage », dont l’utilisation va être étendue dans les réseaux d’évaluation de postinscription. « L’obtention d’une génétique innovante doit être couplée à une adaptation de la variété au milieu, insiste Jean-Pierre Cohan, d’Arvalis. C’est ce qui permet de faire le lien entre l’obtention et la préconisation. » Pour lui, le projet Amaizing a permis de faire un grand pas pour l’évaluation variétale des maïs en postinscription.

Isabelle Escoffier
27,5 millions d’euros consacrés au maïs

Le projet Amaizing, qui s’est étalé sur une durée de dix ans, représente un investissement total de 27,5 millions d’euros, dont 9 millions financés par l’État dans le cadre du programme d’investissements d’avenir. Il rassemble 23 partenaires : 14 unités mixtes de recherche publiques rattachées à différents centres de l’Inrae en France, 8 sociétés et coopératives privées, et un institut technique (Arvalis-Institut du végétal). Le projet avait plusieurs objectifs :

- Comprendre la réponse des plantes aux contraintes environnementales abiotiques (sécheresse, chaleur, froid, apport limité d’azote) ;

- Analyser la diversité génétique de l’espèce et son évolution pour l’ensemble du génome ;

- Analyser les bases génétiques de l’adaptation.

Le développement des connaissances et des outils visent à « faciliter la sélection de variétés adaptées au changement global ».

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