Un million de plus qu’en 2019

« Cela, si toutes les pommes de terre encore au champ sont effectivement récoltées », souligne le NEPG dans son communiqué de presse diffusé le 23 octobre 2020. Et d’ajouter que la récolte est « plus tardive que d’habitude avec tous les risques que cela implique, tant en quantité qu’en qualité ». Il y a en effet encore des milliers d’hectares de pommes de terre à récolter dans les zones humides et difficiles de l’ouest de la Belgique et en Grande-Bretagne.

La récolte de 2020 est en hausse de 4,5 %, soit un million de tonnes de plus que l’an passé dans les cinq principaux pays producteurs de pommes de terre. C’est pourquoi le NEPG considère que les producteurs du nord-ouest de l’Europe devraient planter au moins 15 % de pommes de terre en moins au printemps prochain.

Réduction du volume des contrats

« En raison du Covid-19, la demande mondiale de produits transformés à base de pommes de terre a diminué et la demande réelle de matière première des usines est d’environ 85 % par rapport à la saison précédente avant la pandémie », complètent-ils. Le faible niveau actuel des prix aux producteurs pour la transformation des pommes de terre sur le marché libre confirme d’ailleurs cet état de fait.

« Les transformateurs de pommes de terre européens et nord-américains disposent de stocks importants de produits finis dans leurs entrepôts frigorifiques et semblent avoir besoin de moins de matière première pour une assez longue période, informe également le NEPG. On s’attend à ce qu’ils réduisent le volume de leurs contrats avec les producteurs l’année prochaine et n’ont guère d’intérêt pour les pommes de terre libres. En raison des coûts réels de production et de stockage des pommes de terre, une diminution des prix contractuels n’aurait aucune logique économique. »

Le Brexit pourrait aussi influencer le marché

Au cours des cinq dernières années, les producteurs du NEPG ont augmenté leur surface de pommes de terre de consommation de 7,7 %. L’augmentation en France a été de près de 14 %, et en Allemagne de 10 %, mais les autres pays ont également augmenté leurs superficies.

Il s’agit d’un énorme contraste par rapport à la croissance plus lente de la demande de matière première par les usines, et à la réduction depuis la situation du Covid-19. Avec un deuxième confinement à venir dans plusieurs pays, le NEPG ne prévoit aucun changement pour les prochains mois. En outre, le résultat des discussions à propos du Brexit pourrait également influencer le marché.

Les producteurs européens rappellent par ailleurs qu’en raison des nouvelles réglementations en matière de stockage (interdiction du CIPC, introduction et utilisation de « nouveaux » antigerminatifs), le stockage de longue durée constitue un vrai défi, pour cette première année sans CIPC. La disponibilité de certains antigerminatifs est inférieure aux besoins des producteurs, et leur utilisation est plus coûteuse et techniquement plus difficile (hangars adaptés, équipements de « gazage », etc.) qu’avec le CIPC.

Céline Fricotté