« Moi, je suis une écologiste, je veux me débarrasser de ces pesticides [les néonicotinoïdes, NDLR], a affirmé Barbara Pompili devant les caméras de CNews. Simplement quand on a un obstacle, soit on peut se mettre la tête dans le sable comme certains le font en disant : “Y a qu’à, faut qu’on”, soit on agit en responsabilité, c’est ce que j’ai essayé de faire », s’est-elle défendue.

Barbara Pompili dit « assumer complètement »

La ministre de la Transition écologique répondait à des questions concernant l’adoption la semaine dernière à l’Assemblée nationale du projet de loi visant à réautoriser temporairement l’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semences pour les betteraves sucrières. Barbara Pompili a d’ailleurs assuré « assumer complètement » cette réintroduction temporaire.

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« J’assume complètement des choix parfois difficiles, mais j’essaie de ne pas tomber dans le blanc ou noir », a-t-elle insisté. Pour la ministre, le point le plus important du débat est de savoir « si oui ou non on veut continuer à fabriquer du sucre en France métropolitaine ? Quand on doit décider si on garde ou pas une filière, il faut l’anticiper. »

Les alternatives « ne fonctionnent pas »

« Or jusqu’à peu de temps, on pensait qu’il y avait des alternatives ; on se rend compte qu’elles ne fonctionnent pas, poursuit-elle. Et donc sur cette petite partie d’utilisation des néonicotinoïdes, on fait une exception qui va durer très peu de temps, trois ans au maximum, et après ça sera terminé », a-t-elle souligné, se disant « très fière que la France soit le premier pays où il n’y aura plus de néonicotinoïdes grâce à l’action que nous avons menée ».

La ministre a balayé l’argument du « chantage à l’emploi » que lui opposait Jean-Pierre Elkabbach. « Est-ce que oui ou non, on veut continuer à fabriquer du sucre en France métropolitaine ? Si on ne le fait plus, c’est un choix. Ça fait 20 ans que je suis dans l’écologie. Le coup du chantage à l’emploi, on ne me le fait plus. »

La filière au pied du mur

« Simplement quand on doit décider si on garde ou pas une filière, il faut l’anticiper, insiste-t-elle. Il faut le faire proprement. Puisque maintenant on a [des alternatives, NDLR], simplement il faut un peu de temps pour les mettre en place. Soit elles sont mises en place et on garde la filière sucrière en France, soit elles ne sont pas mises en place, il n’y aura plus de sucre fabriqué en France, mais ce sera un choix, ce sera anticipé, ce sera accompagné. »

Éric Roussel, avec l’AFP