Nommée par un décret paru Journal officiel du 1er août 2020, Maud Faipoux est donc conseillère pour les filières végétales auprès de Julien Denormandie, le nouveau ministre de l’Agriculture. Un titre habituel pour le cabinet du ministère de l’Agriculture, mais assorti cette fois d’une mention spéciale : « sortie de la dépendance aux produits phytosanitaires ». Un terme plus habituel dans la discours de certaines associations environnementalistes.

L’expression « sortie de la dépendance aux produits phytosanitaires » n’est finalement pas étonnante vu la feuille de route qu’applique le gouvernement depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Peu de temps après sa nomination au ministère de l’Agriculture, Julien Denormandie a d’ailleurs affirmé que le gouvernement allait garder le cap fixé par le président de la République sur la sortie du glyphosate.

« Drogués aux pesticides »

Le terme de « dépendance » renvoie dans les esprits à la drogue. Pas étonnant dans ces conditions qu’il « hallucine » des membres du monde agricole sur les réseaux sociaux.

« Nos agriculteurs seraient-ils donc des drogués aux pesticides », s’interroge Gilles Rivière-Wekstein sur son compte Twitter. Et de demander si le ministre de la Santé a un conseiller à « la sortie de la dépendance aux médicaments ». Voilà qui ne devrait pas rassurer les producteurs de betteraves en difficulté à cause de la jaunisse virale et à qui le ministre de l’Agriculture nouvellement promu a encore récemment promis son soutien.

Une mauvaise entrée en matière

À une époque où il est l’objet de nombreuses critiques et attaques de la part des associations environnementalistes ou antispécistes, le monde agricole est, a minima, en droit d’attendre que son ministre le soutienne.

Par exemple, quand une association anti-élevage, comme L214, attaque la cellule Demeter de la gendarmerie nationale en justice. Sur ces sujets, les agriculteurs attendent Julien Denormandie au tournant, surtout après, les mots malheureux de Didier Guillaume, son prédécesseur, concernant l’association anti-élevage L214. Sans oublier le soutien apporté par Joël Giraud, le secrétaire d’État à la Ruralité au projet de référendum pour les animaux.

Éric Roussel