« Hors Covid-19, 2020 serait considérée comme une année à l’équilibre offre/demande, estime l’UNPT, l’Union nationale des producteurs de pommes de terre. Mais, dans le contexte actuel, le prix du libre destiné à l’industrie risque de pâtir de l’offre excédentaire. »

Marché du frais et de l’industrie

Le syndicat recommande aux producteurs de pommes de terre d’être « très vigilants et attentifs » sur le respect des cahiers des charges, sur le marché du frais comme sur le marché de l’industrie, « notamment dans le cadre des contrats ».

Il recommande « de ne pas aller chercher les tonnes qui encombreront le marché, de ne plus investir dans l’irrigation et de défaner précocement afin de ne prendre aucun risque inutile ». L’UNPT pointe également l’importance d’avoir de bonnes conditions à l’arrachage.

L’incertitude plane toujours

La campagne 2019-2020 a été fortement impactée par la crise sanitaire, obligeant la filière à trouver d’autres débouchés pour les 450 000 tonnes de pommes de terre non valorisées pas la restauration hors foyer, entraînant de « sévères pertes pour l’ensemble des maillons de la filière ». L’UNPT pointe également des stocks de produits finis élevés, qui pourraient alourdir le marché.

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La pandémie persistant, « une incertitude plane encore sur le niveau de la demande, notamment en industrie » pour la campagne 2020-2021. « Les prévisions les plus optimistes faisaient état d’un retour à des niveaux de l’ordre de 90 % dès l’automne », mais cette vision européenne « n’intègre pas forcément les répercussions de la pandémie sur d’autres continents et surtout l’évolution de celle-ci dans les mois à venir ».

Une production de 6,5 à 7 millions de tonnes

Pour l’heure, les rendements français pour 2020-2021 s’annoncent identiques à la moyenne décennale selon l’UNPT. « La production finale devrait se situer entre 6,5 et 7 millions de tonnes, sauf phénomène météorologique majeur d’ici la fin de campagne. » Si la campagne primeur « s’annonce globalement positive », la sécheresse impacte la production en fécule, avec 95 % des surfaces non irriguées.

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Hélène Parisot