Les manifestants emmenés par le collectif Bassines Non Merci, la Confédération paysanne et les Soulèvements de la Terre, entendaient dénoncer « l’accaparement et la privatisation de l’eau ».

Banderole et fumigènes

Des opposants sont parvenus à grimper sur le toit de la mairie pour y dérouler une banderole et lancer des fumigènes. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers une réserve existante à Cramchaban, dans la Charente-Maritime.

Alors que les forces de l’ordre tentaient d’empêcher leur passage, trois gendarmes ont été blessés. Quand à la réserve, la bâche qui retient l’eau a été découpée, comme cela s’était déjà produit ces deux dernières semaines sur deux autres réserves proches, et incendiée.

« Quelle utilisation de l’eau pour quelle agriculture ?, s’interroge la Confédération paysanne dans un communiqué diffusé le 8 novembre 2021. C’est bien la question du modèle agricole que posent ces méga-bassines. C’est le sens du combat de la Confédération paysanne qui défend une irrigation en lien avec les écosystèmes, qui répartit équitablement et durablement la ressource en eau, au service d’une agriculture paysanne relocalisée, dense en emplois et productrice d’une alimentation de qualité accessible à toutes et tous. »

Une contre-manifestation

La FNSEA et JA organisaient de leur côté une contre-manifestation le même jour, pour rappeler la légalité de cette réserve, l’existence d’un accord sur les volumes stockés et leur répartition. « Le projet doit aboutir. […] Tout s’est fait dans la légalité […], la concertation », a soutenu le président de la FNSEA 79, Denis Mousseau.

Dans un communiqué de presse diffusé le 9 novembre 2021, la FNSEA et JA apportent leur « soutien plein et entier aux forces de l’ordre qui ont été blessées lors des affrontements […] et aux porteurs du projet détruit. Force est de constater que ce week-end, des acteurs syndicaux, politiques et associatifs ont choisi de se mettre en marge de ce cadre qui fonde le vivre ensemble de la société française. »

Le ministre prend parti

Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, a réagi sur son compte Twitter. Il « condamne avec la plus grande fermeté ces dégradations. Justice devra être rendue. Rien ne justifie de telles dégradations. » S’adressant à Nicolas Girod, le porte-parole de la Confédération paysanne, il a répondu qu’un « leader syndical ne peut pas appeler ou justifier une action illégale ».

La Coordination Rurale condamne elle aussi les dégradations qui ont eu lieu lors de cette manifestation. Elle « demande au gouvernement de prendre des mesures fortes et rapides pour enrayer ce mouvement extrémiste prêt à tout ».

Myriam Guillemaud et AFP