La proposition de loi demandant l’interdiction du glyphosate, déposée le 9 janvier dernier par Bénédicte Taurine (députée FI), a été examinée à la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale ce mercredi 13 février 2019. L’amendement de suppression de cette proposition, déposé par Jean-Baptiste Moreau (député LREM), a été adopté lors de cet examen. Le texte sera examiné à l’Assemblée nationale en séance publique le 21 février.

Pour Bénédicte Taurine, qui souhaite inscrire l’interdiction du glyphosate dans la loi à compter du 27 novembre 2020, « il est indispensable de protéger la population et de fixer un cap clair à nos agriculteurs ». Elle estime que les déclarations du gouvernement sont « ambiguës » et font douter les agriculteurs de la détermination du gouvernement à interdire la molécule d’ici à la fin de 2020. « Les obstacles ne sont pas tant d’ordre technique, il faut affirmer une volonté politique pour produire autrement », a-t-elle affirmé. Pour elle, seule une « interdiction stricte » serait efficace.

« Pas besoin d’une loi idéologique »

En présentant son amendement de suppression, Jean-Baptiste Moreau a défendu la position de la majorité. Selon lui, le gouvernement s’est donné les moyens à hauteur de sa responsabilité. Il a notamment fait référence à la mise en place du centre de ressources affecté aux alternatives, au renforcement des mesures d’accompagnement, à la mise en place par l’Anses d’une date butoir à trois ans sur l’ensemble des AMM (1) des produits contenant du glyphosate, ou encore à la mise en place en cours d’un programme de recherche prioritaire.

« Au nom du principe de précaution, il faut interdire le glyphosate et nous le ferons. […] Dans trois ans, nous aurons trouvé des solutions pour la très grande majorité des cultures, nous n’avons pas besoin d’une loi idéologique pour cela », a affirmé Jean-Baptiste Moreau. L’inscription dans la loi avait déjà fait l’objet d’amendements dans le cadre de la loi élaborée à la suite des États-généraux de l’alimentation, mais ces derniers avaient été refusés par les députés à la fin de mai 2018.

H.P.

(1) Autorisation de mise en marché