Neuf organisations signataires (1) d’une lettre ouverte publiée le 26 octobre 2021 ont interpellé Julien Denormandie concernant la hausse du prix du gaz et son impact sur celui des engrais. Cette situation montre, selon elles, « l’insoutenabilité de notre modèle de production agricole » et « notre dépendance aux engrais de synthèse ».

Le collectif, constitué entre autres des Amis de la Terre France, de la Confédération paysanne et de Générations Futures, demande donc au ministre de l’Agriculture d’agir d’ici à la fin de l’année 2021, avec des mesures de long terme.

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Des mesures d’urgence insuffisantes

Les organisations signataires s’alignent avec le gouvernement sur la nécessité de « mesures d’urgence » pour compenser la hausse des prix des engrais. Elles estiment néanmoins qu’elles ne peuvent être que temporaires.

« L’argent public doit servir à remplir les missions essentielles de l’État, notamment permettre aux agricultrices et agriculteurs de vivre de leur métier, aux citoyens et citoyennes d’accéder à une alimentation de qualité, et lutter efficacement contre la crise climatique et la destruction de la biodiversité », soulignent-elles.

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Un plan stratégique national à revoir

Les associations soulignent ainsi la nécessité de revoir le plan national stratégique (PSN) de la Pac ainsi que le projet de loi de finances, afin de réduire les consommations d’engrais de synthèse et faciliter l’accès des agriculteurs à l’azote organique.

« Dans le contexte électoral actuel, et conformément à votre mandat, nous espérons que vous saisirez ces deux dernières opportunités d’agir avant la fin de l’année 2021 », adressent-elles alors au ministre de l’Agriculture.

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Enfin, le redéploiement des systèmes de polyculture-élevage, l’intégration des légumineuses dans les rotations ou encore des mesures de plafonnement des apports d’azote constituent des « mesures clefs pour la transition économique, sociale et écologique », estime le collectif.

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Charlotte Salmon

(1) Amis de la Terre France, Alofa Tuvalu, Confédération paysanne, Générations Futures, Greenpeace France, ISF agriSTA, Miramap, Réseau Action Climat et Réseau Environnement Santé.