Bien que le Medfel n’ait pas eu lieu cette année, Europêch’ a publié le 25 mai 2020 ses prévisions de récolte européenne de pêches et nectarines pour 2020. « En France, le gel a principalement touché la vallée du Rhône, mais les autres bassins de production épargnés ne font pas le plein », prévoit l’interprofession.

La récolte est estimée à 183 000 t, soit une baisse de 7 % par rapport à 2019 (–11 % par rapport à la moyenne de 2014 à 2018). « Le manque de froid hivernal a généré un déficit de charge sur certaines variétés, et les pluies abondantes du mois de mars et d’avril ont causé des dégâts notamment sur l’épiderme de certaines nectarines », précise-t-elle.

–19 % à l’échelle européenne

Les épisodes de gel en mars ont plombé le potentiel de production d’autres bassins de production. En Italie, « toutes les régions ont été touchées, mais tout particulièrement l’Émilie-Romagne qui prévoit une production 2020 inférieure de près de 80 % à celle de l’an dernier ». En combinaison avec une baisse de surface, la production de pêches et nectarines de 820 000 t, soit un plus bas historique de ces 25 dernières années (–28 % par rapport à 2019).

La Grèce (300 000 t, soit –10 % par rapport à 2019) et l’Espagne (1,11 million de tonnes, soit –14 %) ont également prévu des récoltes plus maigres cette année. Au total, « tous ces déficits cumulés donnent bien évidemment une prévision européenne à la baisse avec 2,4 millions de tonnes, soit une baisse de 19 % par rapport à 2019 et de 19 % également par rapport à la moyenne quinquennale ». Un déficit record est également prévu en abricot.

Face au coronavirus, incertitude pour cet été

La filière s’inquiète du potentiel impact de la crise sanitaire du coronavirus sur la disponibilité de main-d’œuvre, mais aussi sur la consommation cet été. Europêch’ prévoit « de grands changements par rapport aux années passées », notamment une modification de la répartition des populations à l’échelle européenne en lien avec les restrictions de déplacement. « Le secteur alimentaire en général devra s’adapter à ce contexte inédit », conclut-elle.

H. Parisot