Cent millions d’euros. C’est la somme que le gouvernement a décidé de consacrer à son plan protéines. Julien Denormandie a dévoilé ce mardi 1er décembre 2020 lors d’une visioconférence comment cette somme sera répartie.

Rompre avec la dépendance aux importations

Avec ce plan, le ministre de l’Agriculture espère rompre avec la dépendance de la France aux importations de protéines végétales, de soja notamment. Il vise une augmentation de 40 % de la surface affectée à la culture des espèces riches en protéines végétales d’ici à 2022.

À une échéance plus lointaine, il espère doubler cette surface (soja, pois, légumes secs, luzerne, légumineuses fourragères…). Elle passerait ainsi de 1 million d’hectares aujourd’hui à 2 millions d’hectares à l’horizon de 2030.

  1. 50 millions d’euros pour structurer les filières

    Avec ces 50 millions d’euros, Julien Denormandie veut répondre au manque d’organisation et d’investissements dans l’aval de la filière. C’est pour lui un des moyens de lever les freins au développement de la production de légumineuses en France.

    Le ministre vise notamment les investissements dans les capacités de séchage des légumineuses fourragères (luzerne), les capacités logistiques et de transformation des graines riches en protéines ou encore la structuration de filières, au travers de projets collectifs.

    Julien Denormandie a également évoqué des soutiens financiers pour l’acquisition de matériel pour le transport ou la création d’outils de trituration des graines.

  2. 20 millions d’euros pour les investissements des agriculteurs

    Cette enveloppe de 20 millions d’euros est découpée en deux. Elle servira à soutenir les achats de matériel et de semences. 10 millions d’euros accompagneront les investissements des agriculteurs en matériel spécifique à la production de légumineuses à graines et fourragères et à leur valorisation à la ferme (récolte, tri, stockage, séchage, transformation de graines…).

    Les dix autres millions d’euros seront ciblés sur les achats de semences dans le but d’enrichir les prairies existantes en légumineuses fourragères. Le ministère estime que cette somme devrait permettre d’intervenir sur au moins 100 000 hectares de prairies.

  3. 20 millions d’euros pour les actions de recherche et développement

    Julien Denormandie a estimé qu’il existe un vrai besoin d’investissement dans la recherche sur les légumineuses. L’objectif est d’assurer leur compétitivité par rapport à d’autres productions.

    Ces travaux de recherche impliqueront notamment les instituts techniques comme Terres Inovia, l’Idele ou encore Arvalis avec un cofinancement professionnel.

  4. 7 millions d’euros pour l’innovation

    Cette somme de 7 millions d’euros est destinée notamment aux entreprises de sélection végétale. Leurs programmes de recherche pourront bénéficier d’un soutien pour la création de nouvelles variétés de légumineuses adaptées au changement climatique, par exemple.

    Sont aussi concernées par cette enveloppe, les entreprises qui développent de nouvelles formes de protéines végétales et alternatives (insectes, micro-algues…) pour l’alimentation animale au travers d’un partenariat avec BPI France.

  5. 3 millions d’euros pour promouvoir la consommation de légumes secs

    Dans le document qui accompagnait la conférence de presse du ministre, est annoncée la signature de conventions entre FranceAgriMer et les interprofessions pour la réalisation de campagnes de promotion encourageant l’augmentation de la part de protéines végétales dans le régime alimentaire des Français, en particulier des enfants, en ligne avec les recommandations du programme national nutrition santé.

Cette somme de cent millions d’euros vient s’ajouter aux fonds disponibles dans le cadre du plan d’investissement d’avenir. Ainsi qu’aux soutiens que BPI France peut apporter aux projets de certaines entreprises.

Le ministre compte aussi sur l’accord obtenu lors du dernier conseil agricole sur la réforme de la Pac. Il espère visiblement utiliser la possibilité d’accorder des aides couplées à certaines cultures, pour encourager la production de plantes riches en protéines végétales.

Éric Roussel