Après l’épisode de sécheresse qu’a connu la France cet été et dont on perçoit encore aujourd’hui des effets dans de nombreux bassins versants, les 7 comités de bassin (1) du territoire français se sont réunis le 9 novembre 2022. En présence de Bérangère Couillard, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, cette rencontre a été l'occasion de définir la feuille de route gouvernementale pour l’eau, premier chantier de la planification écologique territoriale prévu pour le début de 2023. Leur position a été unanime : "Il est impératif d’agir plus vite, plus fort dans les territoires afin de mettre en place des solutions structurelles d’adaptation au changement climatique."

Trois grands axes

"Avec le ministre Christophe Béchu, nous avons engagé un chantier portant sur l’eau, qui s’inscrit dans l’exercice de planification écologique menée par la Première ministre, structuré autour de trois grands axes : sobriété des usages, accès à une eau potable de qualité, restauration du grand cycle de l’eau, a déclaré Bérangère Couillard. Nous repartons des travaux des Assises de l’eau et du Varenne agricole. Ce plan d’action ne sera pas le plan d’action de l’État. Ce sera un plan d’action collectif, avec les territoires. Nous mobiliserons un panel de solutions adaptées aux enjeux locaux. »

Les 7 comités saisis

Ainsi, les 7 comités de bassin ont été saisis à la mi-octobre par Christophe Béchu et Bérangère Couillard pour contribuer à ce chantier eau, avec le soutien et l’expertise des agences de l’eau. "Des solutions existent et sont déjà mises en œuvre sur les territoires, ont-ils souligné. Et en 2021, 1,045 milliard d'euros d’aides ont été attribuées par les agences pour des opérations contribuant directement à l’adaptation au changement climatique telles que les économies d’eau, la réutilisation des eaux usées traitées, la gestion des eaux de pluie et désimperméabilisation des sols, la renaturation des rivières et la restauration des zones humides…"

Produire avec moins d'eau

"Dans un contexte où les ressources diminuent et où la concurrence entre les usages de la ressource s’amplifie, le modèle agricole doit être réinterrogé", ont souligné à cette occasion les comités de bassins. Ces derniers recommandent unanimement de tout faire pour produire avec moins d’eau.

Des solutions techniques évoquées sont : le pilotage de l’irrigation (la bonne dose au bon moment), la lutte contre les fuites, le choix de variétés, et d’espèces, économes en eau, résistantes à la chaleur et au stress hydrique... Une autre piste est de limiter l’assèchement des sols : moins travailler le sol, maintenir un couvert végétal, développer l’agroforesterie, planter des haies pour faire de l’ombre, etc.

Enfin, pour les comités de bassins, diversifier ses productions permet d'être plus résilientes face aux aléas. "La diversification des productions a également comme avantage d’étaler le besoin en eau et d’éviter qu’il soit concentré sur une même période surtout lorsqu’il s’agit de la période estivale", ajoutent ces derniers.

Nouvelles ressources en eau

Les comités de bassin s’accordent toutefois sur le fait que la mise en œuvre de ces actions ne sera pas suffisante sur tous les territoires. La mobilisation de nouvelles ressources en eau sera nécessaire, qu’il s’agisse de transferts d’eau, de stockage, ou de réutilisation des eaux usées traitées. Mais cette mobilisation devra se faire dans le respect de la préservation des milieux naturels et devra être adaptée aux spécificités de chaque territoire, à l’issue d’un processus de concertation autour du partage de l’eau entre tous les usages.

1. Les comités de bassin sont formés à 40 % d’élus des collectivités territoriales, à 20 % d’usagers non professionnels de l’eau (associations de protection de l’environnement, pêcheurs, consommateurs…), à 20% d’usagers professionnels (agriculteurs, industriels…), et à 20 % de représentants de l’État. Leurs membres sont nommés pour 6 ans. Les comités de bassin débattent des grands axes de la politique de gestion de la ressource en eau et de protection des milieux naturels aquatiques.