Cette année, la sécheresse historique fait des ravages dans les principales productions agricoles espagnoles. Les premiers bilans en céréales, vin, amandes, huile d'olive ou encore en lait n'invitent pas à l'optimisme. "Une année comme celle-ci, je n'en ai pas le souvenir", raconte Roman Santalla, propriétaire d'un élevage de 250 vaches laitières en Galice.

Alors que la chaleur et le manque d'eau atteignent des extrêmes, y compris au nord du pays, "les vaches ont été davantage malades que d'habitude", souligne-t-il, insistant sur le fait qu'au sein de sa ferme, la production a décliné de 600 litres pour atteindre 10 900 litres par tête et par an. Sur l'ensemble du pays, "nous anticipons une baisse de 1 à 5 % de la production de lait cette année" selon les régions, souligne-t-il.

Prix de l'électricité

Compte tenu de cette baisse de production, mais aussi de l'augmentation des charges pour nourrir les animaux, les éleveurs décapitalisent pour encaisser un bénéfice sur le prix de la viande qui reste élevé, et faire face aux coûts des intrants et de l'énergie toujours plus chers.

Depuis le début de l'année, le prix du fourrage est passé de 32 à 48 centime d'euros le kilo. Tandis que les factures d'électricité flambent elles aussi. "Avant, j'estimais qu'il me fallait 1 700 litres de lait par mois pour payer ma facture d'électricité, aujourd'hui c'est plutôt 7 000 litres", ajoute Roman Santalla, même si en parallèle, point positif, les contrats de vente du lait vont augmenter de 10 centimes d'euros au cours du dernier trimestre de 2022, pour passer de 47 à 57 centimes le litre. Ce qui, les éleveurs l'espèrent, va leur permettre de "couvrir une partie des coûts".

Un désastre en Andalousie

En Andalousie, du fait de la sécheresse, la récolte d'huile d'olive a été réduite de moitié avec une production qui s'établit à 587 000 tonnes d'huile contre 1 050 300 tonnes l'an passé. Toute la région de Valence est touchée, avec des baisses de production de l'ordre de 74 %. Dans celle d'Alicante, la production a diminué de 68 %, tandis que celle de Castellon enregistre le pire désastre, avec une chute de l'ordre de 80 à 85 %.

© Marjorie Cessac - Un cultivateur dans son champ d'oliviers à Eslida, dans la province de Castellon, où la production a chuté de plus de 80%.

Dans cette province, la récolte qui d'habitude s'échelonne de la mi-octobre à février est complètement chamboulée. Certaines coopératives ayant prévenu qu'elles auront déjà fini le pressage à la mi-novembre, tandis que d'autres n'ouvriront que quelques jours ces prochaines semaines. Des agriculteurs préfèrent même laisser les olives sur l'arbre, estimant que la quantité récoltée sera trop minime, et que cela leur coûterait plus cher en essence. Et, ce en dépit de prix de vente déjà très élevés. 

Selon le système d'information des prix en origine de l'huile d'olive (Poolred), les prix dépassent les 4,5 euros le kilo pour l'huile vierge extra. Entre janvier et septembre, les tarifs de "l'or liquide" ont augmenté de 12,3 %.