Signé le 28 juin dernier, le controversé accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) a vu sa ratification fortement ralentie. Nécessitant la validation par l’ensemble des États membres européens, Emmanuel Macron s’est opposé à l’accord la veille de l’ouverture du G7 à Biarritz samedi.

Le président français a accusé son homologue brésilien d’avoir « menti » sur ses engagements en faveur de l’environnement qui était considéré comme une condition de ratification de l’accord par la France. Selon l’Élysée, Emmanuel Macron a pointé du doigt « l’inaction de Jair Bolsonaro face au changement climatique, y compris sur les incendies » frappant actuellement la forêt amazonienne.

L’Irlande et le Luxembourg rejoignent la France

Un constat partagé le même jour par l’Irlande. Son Premier ministre a menacé lui aussi de ne pas ratifier l’accord tout en expliquant l’Irlande allait « suivre de près les actions environnementales du Brésil » lors des deux prochaines années. Le lendemain, c’était au tour du Luxembourg de vouloir geler sa participation.

Face au déboisement incontrôlé en Amazonie (Brésil), le poumon de la planète, provoquant des incendies dramatiques, J. #Asselborn, en concertation avec le PM @Xavier_Bettel, proposera au prochain Conseil de gouv. de geler la décision de signer l'accord commercial UE - #Mercosur pic.twitter.com/QFrpr9CvYa

— MFA Luxembourg(@MFA_Lu) August 24, 2019 ]]>

« Une réponse inappropriée » pour l’Allemagne et l’Espagne

Face à ces partisans du « non », 7 autres États membres de l’Union européenne avaient adressé le 22 août une lettre commune au président de l’exécutif européen, Jean-Claude Junker. Avec l’Allemagne et l’Espagne en chefs de file, ils ont exhorté la Commission européenne à conclure cet « accord historique ».

Le lendemain, le porte-parole du gouvernement allemand a estimé que l’opposition d’Emmanuel Macron « n’est pas la réponse appropriée » aux incendies. Pour Berlin, « l’échec de la conclusion de l’accord Mercosur ne contribuerait pas à réduire le défrichement la forêt tropicale au Brésil ».

Au-delà de ces positions gouvernementales, le président du Conseil européen Donald Tusk a reconnu qu’il serait « difficile d’imaginer » que l’Union européenne puisse ratifier le traité avec le Mercosur tant que le Brésil « permettra la destruction » de l’Amazonie.

Alexis Marcotte, avec l’AFP