"Il faut que la France sorte de l'accord européen qui nous impose un coût de l’électricité qui n’a rien à voir avec la réalité, estime Christophe Mazingarbe, producteur d’endives à Sainghin-en-Mélantois, près de Lille dans le Nord. Nous avons opté pour un contrat qui va faire passer notre facture d’électricité de 140 000 € à 225 000 €, mais pas complètement à prix fixe. Chez d’autres, elle va être multipliée par cinq, par sept, et même par dix."

Des factures qui s'envolent

C’est le cas chez Philippe Bréhon, agriculteur à La Couture dans le Pas-de-Calais et président de l’Union des endiviers : "Nos charges d’électricité vont passer de 80 000 € en 2021, à 210 000 € en 2022 pour un chiffre d’affaires sur la ferme de 2,7 à 2,8 millions d'euros, indique-t-il. Et le prix qu’on nous propose pour 2023, les ferait grimper à 700 000 € si on s’engage pour trois ans, 1 millions d'euros si on ne signe que pour un an !"

Comme les producteurs de pommes de terre, les éleveurs de porcs et tous les professionnels qui consomment plus de 36 kVA, son installation ne peut pas accéder du tarif réglementé bénéficiant aux particuliers et petites entreprises. « Nous sommes 380 producteurs concernés dans la région, et près de 50 % doivent renouveler leur contrat d’ici au 31 décembre 2022. Le Président Macron nous conseille de ne pas signer, mais il faudra bien que l’on sorte de cette impasse. »

Sortir de l’impasse

Deux producteurs du Nord Pas-de-Calais ont déjà jeté l’éponge. Ils ont vendu leurs racines d’endives à des voisins, et se priveront de ce chiffre d’affaires cette année. "C’est la filière toute entière qui est en danger, regrette Christophe Mazingarbe qui emploie 30 salariés. On ne peut pas répercuter les hausses sur le prix de vente des endives pour qu’elles reviennent à 5 €/kg au consommateur. Elles doivent rester un légume accessible."

"Nous avons rencontré le ministre de l’Agriculture le 15 septembre, précise Philippe Bréhon. Nous lui avons demandé soit la mise en place d’un bouclier tarifaire, soit une aide directe en adéquation avec le surcoût réel." En attendant, chacun se creuse la tête pour trouver une solution.

"Nous avons un projet de panneaux photovoltaïques qui couvrirait 18 % de nos besoins en électricité, indique Christophe Mazingarbe. Nous sommes trop près de l’aéroport pour installer une éolienne. Reste la solution du groupe électrogène."