Les plans présentés en juin par le gouvernement néerlandais prévoyaient notamment de réduire de moitié le cheptel et de fermer certaines fermes pour réduire les émissions d'azote dans l’air. A l'issue de semaines de consultation visant à sortir de l'impasse dans laquelle se trouvaient le gouvernement et les agriculteurs furieux, le médiateur Johan Remkes a dévoilé un rapport et 24 recommandations.

"Plus de voies faciles pour s'attaquer au problème"

"La nature a une place centrale dans ce débat. Les émissions d'azote doivent être réduites de toute urgence, a déclaré Johan Remkes aux journalistes. Il n'y a plus de voies faciles pour s'attaquer à ce problème. Les mesures visant à réduire les émissions d'azote ont été retardées depuis trop longtemps."

Pour lancer le processus, le médiateur recommande que le gouvernement s'assure qu'entre 500 et 600 fermes, "fortement polluantes" et proches de zones naturelles fragiles, réduisent leurs émissions d'azote ou soient fermées et les agriculteurs indemnisés.

La fermeture devra être volontaire et la compensation la plus élevée possible si les agriculteurs chosissent cette option, selon Johan Remkes. Il a recommandé une durée limite d'un an, soulignant que "s'il y a un certain nombre d'entrepreneurs agricoles qui laissent passer la date limite, il n'y aura pas d'autre choix qu'un rachat".

Un "tournant" pour l'agriculture néerlandaise

L'annonce des plans gouvernementaux avait déclenché un été de protestations de la part des agriculteurs, qui avaient bloqué les autoroutes avec des tracteurs, brûlé des ballots de paille et même menacé une ministre.

La réaction au rapport présenté mercredi était prudemment optimiste. Le principal syndicat agricole néerlandais, LTO, l'a qualifié de "tournant", selon l'agence de presse néerlandaise ANP. Le syndicat reconnaît que ce rapport exprime bien le désespoir et l'impuissance des agriculteurs.

Mais le LTO a jugé "impossible et inutile" de racheter 500 à 600 fermes. Mais il est "possible d'améliorer les soi-disant grands pollueurs grâce à l'innovation durable", a martelé son président, Sjaak van der Tak.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a lui souligné les "conclusions claires" du rapport, en ajoutant qu'il sera étudié par son cabinet.