"Un crime a été commis contre l'Ukraine et nous réclamons un juste châtiment, a martelé le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message vidéo diffusé lors de l'Assemblée générale de l'ONU. Châtiment pour avoir essayé de voler notre territoire, châtiment pour les meurtres de milliers de personnes, châtiment pour la torture et l'humiliation des femmes et des hommes."

Vêtu de son habituel T-shirt kaki, le leader ukrainien a aussi réclamé la mise en place d'un tribunal spécial et d'un fonds de compensation pour les victimes, et a appelé l'ONU à priver la Russie de son droit de véto au Conseil de sécurité. "Nous sommes prêts pour la paix. Mais une paix honnête et juste", a-t-il ajouté.

Menace de l'arme nucléaire

Quelques heures plus tôt à la tribune, Joe Biden a lui aussi attaqué frontalement la Russie qui a annoncé la mobilisation de centaines de milliers de réservistes et brandi la menace d'un recours à l'arme nucléaire. La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, "a violé de manière éhontée les principes de la Charte des Nations unies" en s'emparant de parties du territoire de son voisin, a-t-il fustigé.

L'Union européenne, qui a également dénoncé "avec force l'escalade de la Russie", examine de son côté de nouvelles sanctions contre Moscou, a indiqué le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell à l'issue d'une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères à New York mercredi soir.

Nouvelle aide

Alors que les pays du Sud s'agacent de plus en plus du fait que les Occidentaux se focalisent sur l'Ukraine malgré les multiples crises subies par l'humanité partout sur la planète, le président américain a tendu la main aux pays en développement. Il a notamment annoncé mercredi une nouvelle aide de 2,9 milliards de dollars pour lutter contre l'insécurité alimentaire dans le monde, qui s'ajoute à une somme de 6,9 milliards de dollars déjà promise cette année par Washington.

Américains, Européens et Africains s'étaient engagés mardi 20 septembre 2022 dans une déclaration commune à agir "avec urgence, ampleur et de concert pour répondre aux besoins alimentaires urgents de centaines de millions de personnes à travers le monde". Joe Biden s'est d'autre part dit favorable à une réforme majeure du Conseil de sécurité en augmentant le nombre de membres permanents et non permanents.

Le Conseil de sécurité se réunit jeudi 22 septembre au niveau des ministres des Affaires étrangères pour évoquer l'"impunité des crimes" qui sont commis lors de cette guerre, a expliqué la Française Catherine Colonna qui présidera la réunion. Son homologue russe Sergueï Lavrov, qui mène la délégation de Moscou à l'ONU en l'absence de Vladimir Poutine, devrait être présent pour répondre aux flots de critiques. Le procureur de la Cour pénale internationale doit également s'exprimer.