Quatre concurrents sont alignés devant une table en bois. Casque sur la tête, Dominique Jolé tente de souder des éléments le plus vite possible, devant de nombreux visiteurs. À 43 ans, il est venu de la Meuse pour participer au premier concours national des services de remplacement, le 10 septembre 2022 lors de Terres de Jim à Outarville (Loiret).

Membre de l’équipe Grand Est, il doit assembler le logo de la structure sous l’œil attentif du jury qui note la protection de l’espace de travail et la sécurité. Au total, quarante agents venus de huit régions, se sont affronté sur six épreuves. À la fin de la journée, la remise des trophées sur le stand de Jeunes Agriculteurs (JA) s'est déroulé dans une ambiance conviviale. L’équipe de Nouvelle Aquitaine arrive première, le Grand Est finit troisième.

Dominique garde le sourire. « Le concours était compliqué, surtout la reconnaissance de graines lorsque l’on vient d’une région d’élevage ! Mais l’échange avec les autres agents était très sympa. » Ancien exploitant, Dominique s’occupe d’une vingtaine de fermes en vaches laitières lorsque les éleveurs sont malades, prennent des congés ou partent en formation. 

Susciter des vocations

Ce concours vise à mieux faire connaître le métier d’agent du service de remplacement, car les besoins en main-d’œuvre sont en constante évolution. Le congé paternité de 28 jours, la baisse de l’emploi familial ou encore l’évolution des mentalités engendrent une hausse des besoins de 10 % chaque année. Le service emploie aujourd’hui 15 000 agents, dont 2 400 en CDI. 

« C’est difficile d’estimer exactement le manque de main-d’œuvre, car cela fluctue beaucoup, mais il manque environ 35 000 heures, soit 5 000 salariés », indique Christophe Haas, président du réseau national des services de remplacement. Les profils sont variés :  jeunes sortis d’école (bac ou BEP, 62 %) ou en reconversion (BPREA, 12 %). La majorité cherche à acquérir de l’expérience.

Éleveur de chèvres, Sylvain Boiron préside le service de remplacement du Loir-et-Cher : « Notre volonté est de rendre durable les emplois, de les transformer en CDI. Avec une bonne assurance et le crédit d’impôt, le financement du service est moins problématique. Mais qu’importe la somme, s’il n’y a personne, le remplacement ne peut se faire. » En région Centre Val-de-Loire, il manque vingt salariés pour octobre.