Les agriculteurs, « on a eu la chance de les avoir. […] Ça a vachement aidé » à lutter contre les feux de forêt, explique à La France AgricoleThierry Foret, premier adjoint à la mairie de Saint-Magne (Gironde) et d’autorité de droit sur l’Association Régionale de Défense des Forêts Contre l’Incendie (DFCI).

 

Sur son secteur, durant les incendies, « une bonne cinquantaine» de tracteurs et tonnes, et environ « une centaine» de personnes du monde agricole ont fait le déplacement pour venir en aide aux pompiers et à la DFCI, estime-t-il. « Sur Saint-Magne, on a eu des tonnes à lisier venues des Pyrénées-Atlantiques, de Dordogne, du Lot-et-Garonne… J’ai même reçu des appels des Vosges. »

 

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Venus de loin

La Coopérative Grasasa et la Cuma EPS, basées en Dordogne, en ont apporté trois. « La DFCI a lancé un appel à l’association des agriculteurs méthaniseurs de France pour trouver des tonnes. L’information nous est redescendue comme ça », explique Vincent Mercier, responsable supply chain de la coopérative.

 

Les trois tonnes, tirées par les tracteurs, ont ainsi parcouru quelque 140 km pour rejoindre Saint-Magne le vendredi 12 août 2022 au petit matin. Au volant, deux chauffeurs de la coopérative et Corentin Dechard, agriculteur et adhérent, détaille ce dernier. De retour en Dordogne le lundi suivant, la coopérative reste « mobilisable » si les feux venaient à repartir.

Laisser son exploitation

Partir pour une durée indéterminée signifie également laisser de côté son activité. « Avoir la volonté c’est bien, mais on avait aussi la possibilité de le faire, parce qu’il y avait sécheresse, et que la récolte de luzerne pressait moins », souligne Vincent Mercier.

 

Pour Corentin Dechard, ce sont les prunes qui ont dû patienter. « C’est la période de récolte, mais à cause des gelées je n’en ai pas beaucoup. Donc j’avais le temps de partir. […]. Il y a mon père qui est là aussi. Je voyais que beaucoup de monde partait là-bas, ça me semblait logique d’aller aider. »

Arroser les bordures et approvisionner les pompiers

Les tonnes, de 10 à 26 000 litres, s’approvisionnaient dans les lacs proches de l’incendie pour remplir les camions des pompiers d’une capacité de 3 à 6 000 litres, ou pour arroser directement les bordures de forêts, explique Thierry Foret.

 

 

« On est parti à l’aventure. On ne savait pas où on dormait, où on mangeait. On avait juste rendez-vous à la mairie [où] quelqu’un devait nous diriger », ajoute Corentin Dechard.

 

Selon Vincent Mercier, les charges « matérielles » engagées par la coopérative seront indemnisées. Pour le personnel, il s’agit plutôt de « bénévolat ». Thierry Foret est plus sceptique, « vu les dysfonctionnements de l’État » sur l’organisation générale de la lutte contre ces incendies, estime-t-il.